Mardi 30 juin j'ai assisté à un grand spectacle de la Sarkozie.
Pourquoi appeler cela ainsi alors qu'il s'agissait d'une visite du Président de la République sur le site de La Défense ? Parce justement ce n'était pas une visite du Président de la République.
C'était une mise en scène télévisuelle où il ne manquait que les panneaux "applaudissez" au moment fatidique et, de mon point de vue, cela dégrade la fonction présidentielle et lui fait perdre ce qu'elle doit incarner : la distance, le recul, l'équité. J'ai déjà du mal avec la mise en scène de pseudo tables rondes des meetings politiques, alors là, j'ai vraiment découvert qu'il pouvait y avoir pire.
Imaginez la grande salle du CNIT rénovée, avec une nuée de policiers, contrôle des identités, fouilles des sacs et portiques pour les 2 000 à 3 000 invités se présentant sagement à la queue leu leu afin de pouvoir rentrer avant 10h30, heure impérative marquée sur le carton de consignes à respecter joint à l'invitation.
Les conviés étaient tout ce que le département compte d'UMP distingués (il y en a pas mal dans les Hauts-de-Seine) plus, par obligation républicaine, les conseillers régionaux et le seul maire de gauche siégeant dans les CA de La Défense, plus des chefs d'entreprise.
Résultat : 95% de costard-cravates, une sélection de quelques notables économique en fond de décor pour le président, décor égayé de deux ou trois jeunes femmes représentant la diversité dans l'axe des caméras, les gloires UMP Karoutchi, Pasqua, Ollier, Balkany, et j'en oublie, assis au premier rang mais hors axe des caméras, et le reste sagement parqué... jusqu'à 11h15.
Au centre, une table blanche rectangulaire, éclairée par des spots maousses et coiffée d'un dais, genre lit à baldaquin, avec de petits cartons pour bien faire asseoir à la bonne place ceux qui auraient le droit de causer.
Arrivée du président et d'une nuée de gros bras qui, en plus bouchent la vue, et démarre alors une caricature de show à la Serge Moatti, avec Patrick Devedjian dans le rôle de l'animateur qui pose des questions pas si gentilles que cela et aimerait bien, monsieur le président, obtenir enfin des réponses de tous ces gens là.
Ces gens là, ce sont les présidents de la RATP, de la SNCF, du STIF (c'est le même que celui du Conseil régional mais cela aurait fait mal de laisser croire qu'il pouvait y avoir une autre légitimité démocratique sous le dais impérial).
Quelques témoignages de victimes de ces gens là, des entreprises, le président d'Unibail, celui d'une grande surface qui voudrait tellement que les étudiants puissent plus souvent travailler le dimanche et le Président de la République embraie sur le thème " c'est pas possible, il faut que je me déplace pour que ça marche" et "j'ai dû faire ouvrir un grand magasin boulevard Haussman, pour que Mme Obama puisse faire des courses avec ses petites filles, on est vraiment un pays arriéré mais croyez-moi, je suis là et cela ne va pas se passer comme ça"
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