Lettre
ouverte à Valérie Pécresse
Vendredi 4 décembre 2009
Madame,
Ce matin, vous vous saisissez opportunément de la question
des transports en Ile-de-France, dans une interview au journal 20 minutes. A
trop manier contre-vérités, déclarations intempestives et manœuvres de
circonstance, vous vous exposiez à des objections, les voici.
Après avoir été muette de longues semaines durant, vous
privilégiez désormais avec clarté le projet de loi de Christian Blanc sur le
Grand Paris, au plan de mobilisation de la Région et des départements, qui vise
à traiter les besoins d’aujourd’hui dans le domaine des transports franciliens.
J’observe donc avec intérêt que votre projet pour les
transports consiste à promouvoir une infrastructure, qui verra le jour, au
mieux, dans dix ans et sans doute bien plus.
Je remarque, là encore avec intérêt, que vous vous engagez
pour un projet dont tout le monde sait aujourd’hui qu’il n’est pas finançable.
Gilles Carrez, rapporteur UMP du budget n’a-t-il pas affirmé il y a quelques
semaines que le « grand 8 » cher à Monsieur Blanc, dont le coût
s’élèverait à 35 milliards d’Euros, n’était pas réalisable, aux vues des
contraintes budgétaires de l’Etat et des collectivités locales ?
Il y a du mépris, Madame Pécresse à considérer que les
Franciliens pourront attendre encore 10 ans pour bénéficier de l’offre de
transport dont ils ont besoin au quotidien.
Pourquoi n’avez-vous pas mis à profit votre position au
Gouvernement pour être utile aux Franciliens, en convaincant le Président de la
République et Christian Blanc de s’engager dans le plan de mobilisation voulu
par la Région et voté en juin 2008 ?
Pourquoi, depuis près de deux ans, n’avez-vous pas
écouté les collectivités locales de la région que vous souhaitez
présider ? Porté par Jean-Paul Huchon, le plan de mobilisation est soutenu
par les collectivités locales franciliennes, y compris les départements
des Hauts-de-Seine et des Yvelines, dont les Présidents ne peuvent être
suspectés d’indulgence à l’égard de la majorité de gauche au Conseil Régional,
et par le Medef Ile de France.
Dites aux franciliens pourquoi vous privilégiez une
nouvelle infrastructure de 35 milliards d’Euros, alors que le plan de
mobilisation traite l’existant avec 18 milliards d’Euros ! Et pourquoi le
gouvernement refuse toujours d’y contribuer, alors qu’il se dit prêt à financer
un autre projet deux fois plus coûteux !
Madame Pécresse, vous qui souhaitez « bouger la
Région », pourquoi ne vous félicitez-vous pas qu’en trois ans, depuis que
Jean-Paul Huchon préside le Syndicat des Transports d’Ile-de-France (STIF), 9
nouveaux tramways aient été lancés, le nouveau Francilien financé, 4 lignes de
métro prolongées, des gares rénovées dont 230 rendues accessibles aux personnes
à mobilité réduite ?
Vous semblez ignorer que la Région finance pour 240
millions d’Euros le désenclavement des banlieues. Que nous avons lancé, en
présence de Fadela Amara et de Roger Karoutchi, la tangentielle nord
(Saint-Denis-Epinay vers la Défense, Sartrouville et Noisy-Le-Sec) pour plus
d’un milliard d’Euros.
Que le STIF votera le 9 décembre le tracé du débranchement
du T4 vers Clichy et Montfermeil. Quant au 81 tronçons autoroutiers que vous
évoquez, qu’en pensent Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno, qui ont assuré au
moment du Grenelle de l’environnement qu’il n’y aurait plus d’autoroute
urbaine ?
Mais je ne serais pas honnête si je ne retenais que
cela de votre interview de ce matin. Vous soutenez, en effet la mesure
régionale qui a permis de supprimer les zones 7 et 8. Vous affirmez également
que vous ne reviendriez pas sur la tarification sociale, votée par la gauche
régionale et qui permet à 1,2 million de franciliens de se déplacer
gratuitement. Je me réjouis de cela car il y a un an, vous affirmiez à
Puteaux devant vos militants : « Que fait Monsieur Huchon ?
Il propose la gratuité des transports pour les RMIstes. Alors ça a l’air
généreux comme ça (…) mais on enferme les gens dans l’assistance parce qu’ils y
gagnent au bout du compte ». Ce qu’ils ont « gagné » les
chômeurs et les RMIstes, Madame Pécresse, c’est un droit à la mobilité.
La Région a plus investi en trois ans que l’Etat en
vingt ans. C’est parce que tant a été fait, que beaucoup reste à faire. Jamais
vous n’entendrez de notre part un autosatisfecit, mais jamais non
plus, vous ne prendrez les socialistes en défaut de manœuvres ou de
mensonges. La question des transports en Ile-de-France n’est pas réglée, les
socialistes le savent, mais nous savons aussi que l’urgence est à
l’amélioration de l’existant, au développement du transport de banlieue à
banlieue, ce que nous renforçons depuis trois ans et ce que nous ferons les
quatre prochaines années.
Madame Pécresse, une élection permet un débat
démocratique devant et à destination des Franciliens. J’espère que vous saurez
faire preuve, dans les mois qui viennent, de plus de précision et de justesse
dans les critiques que vous nous adresserez.
Soyons à la hauteur des enjeux. Les franciliens
attendent de nous des solutions, réalistes, rapides et efficaces.
Marie-Pierre de La Gontrie
Porte parole de la campagne de Jean-Paul Huchon
Contact : presse@huchon2010.fr
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