L'annonce de la succession du président du conseil général Patrick Devedjian à la présidence du conseil d'administration de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense a suscité doute, rigolade puis stupeur:Jean Sarkozy, fils de son père, conseiller général de Neuilly depuis 18 mois et par ailleurs étudiant, jeune marié et futur nouveau père.
Vous me direz, cela fera un fils à papa de plus qui aura été aidé à démarrer dans la vie.
Oui, à une différence près, c'est que les Hauts-de-Seine ne sont ni une principauté, ni la propriété de quelque famille que ce soit, c'est un bien public et démocratique. Et l'aménagement qui va impacter la vie de 400 000 personnes ne peut en aucun cas relever du fait du prince, des intérêts d'une famille ou d'un clan et des petits arrangements entre amis.
Le Général de Gaulle, dont l'héritage fait se rengorger les élus UMP, doit se retourner dans sa tombe de constater un tel mépris de l'intérêt général, une combinaison de népotisme et d'affairisme dont on sait très bien qu'elle finit toujours très mal. Pour mémoire cette citation extraite de son testament : « Je déclare refuser d'avance toute distinction, promotion, dignité, citation, décoration, qu'elle soit française ou étrangère. Si l'une quelconque m'était décernée, ce serait en violation de mes dernières volontés. » Etre au service et non aps se servir.
Comme je l'ai déjà plusieurs fois décrit, le fonctionnement du CA de l'EPAD est un gigantesque trompe l'œil, où tout ou presque a été négocié dans des bureaux ministériels sans même associer les collectivités locales concernées : le plan de renforcement de la défense a été annoncé par le ministre sans avoir été présenté au CA, la tutelle de l'Etat ne s'exerce pas puisque le président est en même temps un ministre depuis que Sarkosy a exercé cette fonction, l'élection du futur président, prérogative du CA, est manifestement comparable à ce qui existe malheureusement encore dans quelques pays africains.
Le site de Rue 89 récapitule les multiples casseroles attachées à la gestion de cet établissement, considéré depuis trop longtemps comme une ressource électorale .
Et, si l'Etat veut aujourd'hui le fusionner avec celui de Seine-Arche, si Patrick Devedjian semble en quitter la présidence sans trop de regrets, c'est aussi parce que les comptes sont dans une situation catastrophique car, en matière immobilière, le foncier ne rapporte que s'il est effectivement vendu mais aussi si les travaux d'aménagement, en particulier de voirie, ne sont pas trop coûteux. Et les entreprises ne restent que si la propreté, la sécurité, les conditions de travail sont à la hauteur des loyers réclamés.
Depuis 5 ans, les entreprises de La Défense partent les unes après les autres, à Nanterre (AXA, SFR, Total, BNP) mais aussi à Plaine Commune (Generali) ou ailleurs, excédées par les couts de gestion et les difficultés de transport d'un RER A saturé par des projets mal dimensionnés et pharaoniques. Tous les pays en développement savent désormais qu'il faut construire les transports avant de faire les bureaux et que les logements éloignés des trnasports coutent très cher en infrastructures. Tous sauf la principauté des Hauts-de-Seine qui ne peut manifestement pas se passer d'une relation très étroite avec les promoteurs immobiliers, que ce soit à Neuilly, à Levallois ou à La Défense.



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