Mardi 18 août avaient lieu à Plaisir les obsèques de Patrick Malivet, élu de Plaisir et premier secrétaire fédéral du parti socialiste dans les Yvelines. Cérémonie forte, foule nombreuse et émue malgré la date en plein mois d'août, pour dire au revoir à ce camarade décédé brutalement à 53 ans et soutenir sa femme et ses deux enfants.
Rien que de très banal à priori me direz-vous : éloge du défunt, pleurs de l'assistance, émotion partagée.
Sauf que, parce qu'il s'agit d'un élu, d'un responsable politique, il aura fallu attendre sa mort pour entendre ceux qui l'appréciaient, reconnaitre son engagement, valoriser ses talents, ses passions, ses réussite.
Dans toute autre fonction, quand vous quittez un poste, une entreprise, vous avez un pot de départ, un peu de chaleur humaine pour vous dire que vous avez contribué, que vous allez être regretté, que vous avez laissé trace.
En politique, si vous ne mourrez pas dans l'exercice de vos mandats, vous partez parce que vous avez perdu, sous les huées voire les injures, toujours coupable de ne pas être à la hauteur des rêves, des fantasmes de perfection de ceux qui vous ont soutenu et qui affichaient pourtant des valeurs fortes de solidarité, de compassion, de fraternité.
Dans ce pays pourtant officiellement laïque, la politique reste du ressort du sacré, en attente perpétuelle de dieux et de miracles qui transformeraient le monde d'un coup de baguette magique et permettraient aux rêves de chacun de se réaliser. Alors, quand la réalité des hommes révèle l'humanité de ces pseudo-dieux, la haine monte, oubliant qu'il est plus sain d'être dirigé par de vrais êtres humains, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs aspirations et leurs médiocrités, plutôt que par des faux dieux, dont le décorum masque souvent des perversions bien plus dangereuses pour les libertés publiques et la qualité de vie en société.
Hier, une fois encore, nous avons pleuré la disparition d'un homme bien, pas un héros, juste un homme engagé, passionné, essayant de concilier famille, boulot et responsabilités politique, avec ses réussites et ses échecs, ses amours, ses copains et ses complices.
Beaucoup se sont levés pour très bien en parler, mais parmi tous ceux qui le rencontraient plusieurs fois par semaine dans le cadre de l'action politique locale, un certain nombre qui pleuraient sincèrement l'avaient pourtant calomnié lors de campagnes pour la prise de pouvoir, oubliant que tous les coups ne sont pas permis.
- Quand atteindrons-nous enfin la maturité démocratique qui permet de dire à un rival ou un adversaire : "je te respecte, je respecte ton engagement mais j'ai envie d'exercer le pouvoir à ta place pour faire mieux, autrement" ?
- Quand serons-nous capables de remercier ceux qui ont perdu une désignation ou une élection pour le temps passé, pour l'énergie mise au service d'une cause partagée, pour les rêves portés à bout de bras ?
La démocratie c'est le respect, pas la haine et il n'est pas nécessaire d'attendre que nos élus soient morts pour dire le bien qu'on pense d'eux.



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