Les articles fleurissent dans la presse sur le ratage de la fusion ANPE-ASSEDIC, alors même que cette fusion qui avait pour objectif initial de faciliter les démarches des demandeurs d'emploi est devenu un véritable cauchemar pour ces derniers mais aussi pour les salariés.
Les chiffres sont là : le chômage augmente de façon différence selon
les régions et les tissus économiques, des stratégies territoriales locales sont indispensables,
les inégalités s'accroissent entre ceux qui sont en chômage partiel
et ceux qui étaient en CDD ou intérim car les plans sociaux, plus médiatisés, en représentent que 20% du chômage. Pourquoi un tel désastre ?
Parce que le secrétaire d'État Wauquiez a considéré que la fusion allait lui permettre de devenir un vrai "chef", et non plus "sous-chef" de Mme Lagarde, et que la terre ne peut pas tourner s'il ne décide pas pour tout le monde, en particulier ces dangereux gauchistes que sont les partenaires sociaux et les collectivités locales.
Du coup, au lieu de jouer son rôle de tutelle et de partenaire des acteurs de terrain, ce qu'on attendrait d'un État républicain digne de ce nom, garant de l'efficacité, de l'égalité et de l'innovation, il se mêle de tout :
- se pointe au CA pour défendre son directeur général, Christian Charpy, alors même qu'il l'a imposé à l'encontre des négociations qui avaient précisé qu'il ne pouvait pas s'agir d'un des directeurs d'une des deux entités précédentes, le B-A BA quand on fait une telle fusion,
- essaie par tous les moyens de déposséder les collectivités locales de leurs compétences, aux dépens des demandeurs d'emploi, en rajoutant une formalité pour les primes d'apprentissage, en complexifiant la mise en place des plans régionaux de formation, en écartant les conseils régionaux du pilotage du Fonds de sécurisation des demandeurs d'emploi alors que c'est leur compétence,
- soutient voire pousse le directeur général dans sa logique de fusion à marches forcés, où pas une tête ne doit dépasser et où les salariés doivent à la fois déménager (réduction d1/3 du nombre de sites), changer de métier (double compétence indemnisation et conseil), le tout en pleine période d'explosion du chômage
Du coup aujourd'hui où en est Pôle Emploi :
- un CA potiche, auquel je participe tous les mois au titre des régions, qui analyse la hausse du chômage, entérine (avec plus ou moins de réticences mais l'Etat est quasiment majoritaire à lui tout seul, il suffit qu'il ait l'appui du MEDEF)) les décrets successifs du gouvernement mais ne discute ni de l'offre de services, ni de la stratégie de formation, ni de l'organisation territoriale, ni de l'anticipation des effets de al crise ( montée du chômage, montée du chômage longue durée, déqualification, mutation des métiers)
- des personnels excédés par une charge de travail massive, des conditions de fonctionnement inefficaces car l'acquisition trop rapide de la double compétence crée des erreurs et des retards, des relations tendues avec les demandeurs d'emploi;
- des demandeurs d'emploi dont plus de la moitié ne sont pas indemnisés, qui passent leur temps à téléphoner (si, le CA a servi à quelque chose, j'ai obtenu que les communications ne soient plus surtaxées !), écrire, se déplacer et bénéficient d'un service inadapté, voire erroné faute de moyens en personnel car ce n'est pas le recrutement de postes supplémentaires, essentiellement destinés aux conventions de reclassement, très minoritaires, qui va améliorer la situation
- des chefs d'entreprises furieux de ne pas avoir d'interlocuteurs disponibles ou de ne pas être aidés pour former ou recruter alors même qu'ils savent que le chômage est massif et que les discours du président de la république et du secrétaire d'État leur ont fait croire qu'il y avait des dispositifs à leur service;
- des directeurs régionaux de Pôle Emploi qui ne savent plus s'ils dépendent du directeur général ou s'ils sont aux ordres du préfet de région, s'ils ont la responsabilité de discuter avec les conseils régionaux pour articuler leurs actions ou s'ils doivent se conduire comme des fonctionnaires d'État anti-décentralisation
- des directeurs de mission locale qui gèrent un afflux de 30% de jeunes supplémentaires, avec des financements de Pôle Emploi plafonnés à 130 000 jeunes soit à peine 1/5 du total
- un appel à des prestataires privé qui coûtent 3 à 4 fois plus chers que les personnels publics (Pôle Emploi, Missions locales, Plans locaux d'insertion) pour des résultats bien moins bons Téléchargement Operateursprives_Impact_Evaluation



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