Lundi 15 juin se déroulait un colloque organisé par Centre-Inffo, le principal service public d'information sur la formation. L'objectif de ce colloque était de réfléchir au rôle de Centre-Inffo pour être plus efficace en matière d'information sur la formation et de développer des produits complémentaires au Portail Orientation-Formation national, mis en œuvre avec les co-financements de l'Etat, des partenaires sociaux et des régions
Téléchargement Programme_seminaire_15juin
Texte de l'intervention
Au nom de l'Association des Régions de France, je vous remercie pour votre invitation et la qualité de la réflexion engagée par Centre-Inffo
5 remarques préalables :
- L'information-orientation est indissociable de la réflexion sur la formation et l'emploi et la condition des mobilités professionnelles choisies;
- C'est un droit fondamental des citoyens (cf loi 1947 sur CIO : droit ne vaut pas mise en œuvre des droits), l'orientation est un choix pas une injonction ni une affectation;
- Elle est articulée entre deux enjeux majeurs : l'émancipation des citoyens et la mobilité choisie d'une part, la compétitivité technologique et économique d'autre part;
- C'est une mission globale de service public pour garantir la qualité des informations, l'indépendance et la déontologie des orientateurs (risque d'influence économique voire sectaire), la protection des droits des citoyens (de la laïcité aux droits à financement);
- Elle est indissociable de l'accompagnement car l'information sans accompagnement renforce et construit des inégalités.
En quelques mots les réflexions des conseils régionaux sur l'information et l'orientation
- La formation représente 5M€ de dépenses soit autant que les partenaires sociaux;
- Les régions construisent leurs modes d'intervention à partir des citoyens, de leurs besoins et des besoins de leurs lieux de vie et d'emploi, les territoires;
- Elles procèdent à l'analyse des capacités individuelles et des aires de mobilité, mobilité géographique, mobilité professionnelle verticale et horizontale;
- Elles s'inscrivent dans une logique décentralisée, c'est-à-dire un projet démocratique cohérent de territoire et une compétence formation tout au long de la vie;
- Elles ont la responsabilité de l'aménagement du territoire et de développement économique et la compétence formation doit donc s'inscrire entre émancipation et compétitivité.
Quelles question se posent les régions autour de ce séminaire de Centre-Inffo
- Centre-Inffo a un rôle évident comme fédérateur national dans une logique de formation tout au long de la vie pour collecter l'offre (développement des partenaires branches et OREF), la mutualiser et la retraiter;
- Mais il est nécessaire qu'il soit en plus grand interfaçage au niveau européen (articulation avec l'agence A2E2F ?) car la mobilité formation interrégionale en Europe est en plein développement et dépasse la mobilité interrégionale nationale;
- Il lui faut aussi une capacité d'impulser des innovations en lien avec Conseil d'Analyse Stratégique et le Répertoire National des Compétences Professionnelles pour construire des outils capitalisables, modulables, transférables et réagir plus vite et mieux aux évolutions ;
- Plus largement, il est indispensable de clarifier la notion de "République décentralisée" telle qu'inscrite dans la constitution car elle suppose un changement du rôle de l'Etat (boite à outils, péréquation financière, contractualisation de moyen terme) et, si la décentralisation a réduit les inégalités entre régions, la faiblesse de la péréquation a accentué les inégalités entre régions;
- Il faut absolument une meilleur articulation au moment des temps de mobilité obligée, que ce soit en formation initiale via l'Education Nationale et en période de chômage via Pôle Emploi, dans une véritable logique d'orientation choisie ;
- Une remarque juridique enfin : l'État est une personne morale unique mais dispose de plusieurs sièges au CA de Centre-Inffo alors que les 26 personnes morales régionales ont seulement 2 sièges, c'est donc un partenariat juridiquement déséquilibré...
Conclusion
Nous sommes dans un monde ouvert, en changement rapide, avec des technologies, des organisations des métiers qui évoluent très vite et sont peu prévisibles, même pour les professionnels de ces activités :
- Quand il n'y a pas de capacité à contrôler l'avenir, il est nécessaire de renforcer et systématiser les coopérations entre tous les acteurs, sans volonté de domination et dans une logique d'échanges permanents;
- Dans un monde de communication, il ne peut pas y avoir d'information réservée aux professionnels, les citoyens ont le besoin et le droit de confronter les informations qui concernent leur avenir;
- Il y a nécessité de labelliser et d'évaluer sous deux angles - la satisfaction à court terme (service rendu) et l'efficacité à moyen terme (emploi);
- Les nouvelles technologies ne suffisent pas, il faut des lieux pérennes, l'orientation comme la formation sont des infrastructures d'égalité des chances qui doivent être organisées sur tout le territoire, en particulier pour les publics de niveaux IV et infra, les salariés précaires et ceux de PME.
Une remarque enfin : ce n'est pas tant la formation qui fait l'employabilité que la capacité à gérer les transitions vers l'emploi stable. 70% des personnes illettrées sont en emploi donc employables, elles deviennent inemployables dés qu'elles deviennent en recherche d'emploi. Cherchez l'erreur.
Je vous remercie de votre attention



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