La récente décision du tribunal de Lille, annulant un mariage pour cause de défaut de virginité au nom d'une jurisprudence datant de la fin du XIXe siècle, a fait à juste titre bondir.
Comment un pays qui affirme l'égalité homme-femme, la parité politique, veut même rajouter l'égalité professionnelle dans sa réforme constitutionnelle peut-il avoir des décisions de justice aussi profondément imbéciles voire anticonstitutionnelles.
Contrairement au XIXe siècle, il est aujourd'hui légal et extrêmement aisé de divorcer; le principe d'annulation, destiné à protéger les conjoints d'un acte irrévocable qui aurait été construit sur des affirmations fausses n'a donc plus aucune utilité et aurait dû être de facto frappé d'obsolescence.
Plus grave, comment peut-on demander une garantie à l'un que l'on ne peut demander aux autres ? Car je voudrais bien connaitre le nombre d'hommes qui arrivent vierges au mariage.... Et l'on a pu constater ces dernières semaines tous les dramatiques effets que le mythe de la virginité pouvait faire sur le cerveau d'un Fourniret,
Il ne s'agit pas là d'un problème religieux mais bien d'un magistrat qui considère qu'il est en droit de juger sur ce qui n'est pas de son ressort : une exigence purement individuelle de prétendue pureté féminine, généralement formulée par des hommes qui ont du mal eux-mêmes à contrôler les pulsions de leur libido et préfèrent enfermer les femmes faute de savoir gérer leurs propres tentations.
Nous sommes dans une société de liberté, où la vie sexuelle entre
adultes consentants ne peut être jugée par personne. Pour mémoire, les
articles du code civil fixant les règles du mariage exigent
contractuellement "fidélité, secours et assistance", certainement pas
"virginité", ni même "sincérité".
Alors que toutes les femmes qui
subissent cette exigence masculine de pureté réclament au moins la
réciprocité au nom de l'égalité ou se dépêchent de partir en courant :
le mythe de la virginité n'est jamais très éloigné du sens de la
propriété masculine, ce qui s'appelle l'esclavage.
Et aucune femme n'est propriété d'un homme.



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