Alors que le Premier Ministre décidait de raccourcir le débat parlementaire en utilisant l'article 49.3 de la Constitution (qui était prévu pour fédérer des majorités instables à la suite d'un débat et non pour museler le débat parlementaire par une majorité absolue), nous avions à Nanterre une réunion publique sur le Contrat Première Embauche. L'orateur, Razzye Hammadi, jeune président du MJS www.mjsfrance.org , a véritablement fait vibrer la salle.
Comment ne pas entendre que cette génération de jeunes, qui galère déjà depuis plusieurs années de stages en contrats précaires, voit avec horreur arriver ce nouveau contrat ? Car, soyons concret, la possiblité de licencier sans justification pendant deux ans signifie :
- faire des heures supplémentaires si on vous les demande et quand on vous les demande sinon licenciement;
- prendre ses congés quand on vous le permet sinon licenciement;
- ne pas être malade sinon licenciement;
- ne pas être enceinte sinon licenciement;
- ne pas être de mauaise humeur sinon licenciement;
- ne pas faire d'erreur sinon licenciement.
Et comme ce contrat première embauche s'adresse à l'entreprise et non au jeune, cela veut dire que vous pouvez, de 16 à 25 ans, travailler dans 4 entreprises successives en étant toujours en contrat première embauche, chacune d'elle trouvant une bonne raison de mettre fin à votre période d'essai avant le fatidique CDI.
Qauant à vous, parents, serrez-vous la ceinture et évitez d'être au chômage car il vous faudra attendre que vos enfants aient 27 ans avant d'envisager qu'ils puissent signer un bail sans caution, faire un crédit ... ou avoir un enfant. En espérant qu'ils ne seront jamais malades.
La bagarre contre le CPE doit continuer : si la situation économique est si grave, alors nous devons partager le risque, jeunes et vieux, acitonnaires et salariés, patrons et employés, pas le rejeter entièrement sur les plus vulnérables.
- il n'est pas question d'accepter que certains soient payés 240 fois le SMIC (recommandation faite par les associations d'actionnaires aux patrons d'entreprises cotées en Bourse) et d'autres n'aient même pas de quoi louer un studio.
- il n'est pas question d'accepter que ceux qui ont vingt ans aujourd'hui paient pour des fonds de pension et des rentiers sans même avoir le droit de s'engager dans une vie autonome ou uen vie familiale.



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