libertaire adj. et n. Partisan d'une liberté totale, sans restrictions (sur le plan politique, social ). V. aussi anarchisme (Encyclopédie Hachette)
Certainqs d'entre vous se sont étonnés que je mette en parallèle totalitaire et libertaire. supposant même que j'avais des relents staliniens. Ces deux qualificatifs, certes rarement associés, me semblent pourtant porteurs du même mépris pour autrui.
Le terrorisme est un totalitarisme, qui considère que la justice de sa cause justifie toutes les actions, tous les meurtres, toutes les transgressions. Y céder, c'est accpeter que quelques uns décident de ntore vie et de notre mort, le combattre par la violence, c'est rentrer dans une spirale infernale. Et ce qui se passe en ce moment en Irak pour la libération des jouranlistes français et de leur chauffeur syrien montre bien que seule la voix de la discussion et de la recherche de solutions gagnant-gagnant peut enrayer le processus.
Le "libertarisme", qu'il soit anar ou libéralo-libéral, repose sur la loi du plus fort, du plus débrouillard qui, parce qu'il n'a pas besoin des autres, n'accepte pas leurs règles et choisit sa vie, sans se préoccuper des conséquences pour autrui. Moins visible que le terrorisme, apparemment moins violent, il nourrit aussi bien les comportements socio-économiques que la délinquance organisée. Et se termine par le même rapport ultime : ta mort plutôt que des ennuis dans ma vie.
Alors, oui, que sont deux contrôleurs du travail assassinés face à ces centaines de cadavres d'enfants oussètes ? Peu de choses au regard de l'histoire.
Mais si nous sommes conscients que le drame de Beslan a pour origine directe l'impéritie d'un gouvernement à faire fonctionner la justice et le droit, quelle interprétation donnons-nous au meutre des deux fonctionnaires ? Comment pouvons-nous accepter ce silence assourdissant des médias et des politiques ?
D'aucuns l'expliquent par la dépression de l'agriculteur... Heureusement, tous les dépressifs ne prennent pas un fusil.
Je suis convaincue que les terroristes tchétchènes et une grande partie des militaires russes sont eux aussi profondément dépressifs : les uns ont vu leurs familles décimées, déportées, violées, battues à mort, les autres ont dû participer à ces actes monstrueux. Simplement ils n'ont pas la moindre chance de bénéficier de soutien psychologique, ni que cet élément soit pris en compte le jour où ils seraient jugés. Par ce qu'ils fonctionnent en collectif en ne sont plus regardés comme des individus.
Mais la fragilité psychologique ne rend pas acceptable de tuer, c'est-à-dire de détruire totalement le présent et l'avenir d'un autre que soi, de bousiller par ricochet immédiat sa famille, ses enfants.
Un policier mort en service pour faire respecter l'ordre public fait la une de la presse. Un contrôleur du travail, dont la seule arme est un rapport au procureur, classé sans suite dans 90% des cas, mérite tout autant notre respect. Parce que c'est pour nous qu'il est mort, pour que nous bénéficions de nos droits à assurance maladie et à retraite.
Choisir la liberté comme seul credo, c'est imposer aux autres ses égoïsmes sans se préoccuper des ccnséquences. Peut-être est-ce la nouvelle forme de totalitarisme des pays riches : dans les pays pauvres, la vie n'a pas de valeur, dans les pays riches, sa propre vie, son confort personnel, vaut plus que tout. Et le terme de mondialisation libérale n'est qu'une autre appellation de cet égoïsme.
Il y a néanmoins un autre espace de vie en société, qui fonctionne sur le respect, qui accepte les règles parce qu'elles créent les distances nécessaire entre ce qui, au nom de ma liberté, peut nuire à celle d'autrui, et les changent à condition de respecter les principes de démocratie : une personne = une voix, libre accès à l'éducation et à l'information, débat public et contradictoire, élections contrôlées.
Etre libre, c'est pouvoir survivre même si on n'est faible, malade. C'est pouvoir débattre sans
être physiquement mis en cause et sans faire courir de risque à autrui. C'est avoir conscience que sa propre sécurité, santé, richesse passe nécessairement par la santé, la sécurité, la richesse de ses voisins. Et que nous ne sommes pas isolés, chacun sur notre petite planète, mais solidaires dans notre responsabilité individuelle et collective face au passé, au présent et au futur.





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