J'ai assisté durant ces trois derniers jours à un séminaire organisé par le CREAPT, un laboratoire de recherche, sur Vieillissement et travail.
Une série de chercheurs - sociologues, médecins, ergonomes - se sont succédés à la tribune pour présenter le résultat des travaux de recherche les plus récents et, plus intéressant, les travaux manquants pour avoir un panorama correct et une bonne compréhension de la réalité.
Le bilan est affolant : nous savions tous, plus ou moins, que le même geste répété pendant quinze ans à la chaïne, le port de charges lourdes, l'exposition à des produits toxiques , étaient dangereux pour la santé.
Mais saviez-vous que le cancer professionnel tue plus que les accidents de la route, grande cause nationale ?
Saviez-vous qu'aujourd'hui, un tiers des salariés en France en 2004 devraient être en arrêt progressif de travail dés quarante-cinq ans pour ne pas avoir une santé déifnitivement compromise, voire une mortalité prématurée ?
Saviez-vous que cinq années comme ouvrier du batiment en France suffisent à causer des dommages irréparables ?
Moi, je ne le savais pas et surtout je n'avais jamais pris conscience aussi clairement que les condtions de travail intensives, sans marge de maneuvre ni pause pour souffler, pouvaient entraîner une destruction irréparable de la santé de tous les individus.
Peut-on engager le débat sur le coût de la sécurité sociale sans se poser la question de ce qui dégrade la santé, avec deux risques majeurs:
- l'un, identifié, les conduites à risque (alcool, tabac, drogues, mauvaise hygiène de vie);
- l'autre, complètement occulté, les condtions de travail dans les entreprises industrielles et de services.
Peut-on parler de baisser les charges des entreprises sans se poser la question de traiter différemment celles qui rejettent toutes leurs médiocres économies de sécurité et de précarité sur la solidarité nationale et celles qui, respecteuses de leurs salariés, investissent dans leur sécurité, la formation, la pérenité ?
Peut-on enfin continuer à trouver normal qu'un salarié pauvre meure dix ans plus tôt qu'un cadre, que la précarité professionnelle fasse passer travers les mailles du filet de la médecine du travail et des organisations synidcales une part croissante de la population et surtout les jeunes, que la santé des actifs se dégrade et qu'aucun indicateur ne mette en relation la qualité de vie et le coût de la santé ?
Il ne suffit pas d'avoir des droits, encore faut-il mettre derrière des moyens financiers pour les mettre en oeuvre, les contrôler et sanctionner leur non-respect.



ShareThis


Les commentaires récents