Même si le débat actuel apparaît complètement décalé au vu des urgences économiques et sociales - chômage, santé, guerres - il suscite une émotion qui montre bien qu'il a un sens qui dépasse les mots.
En tant qu'adjointe au maire, je marie : des jeunes, des vieux, des semblables, des différents, des avec des enfants, des avec des familles, des tout seuls avec deux témoins... Parfois je refuse de marier quand le consentement réciproque n'est pas clairement établi. Certains couples sont manifestement amoureux, d'autres apparemment pas du tout. Certains y voient une grande fête, d'autres une simple formalité.
Et puis il y a une autre cérémonie, qui se pratiquent dans quelques mairies dont la nôtre, le baptême républicain : des parents désignent officiellement des proches pour leur confier leurs enfants dans le cadre d'une assistance éducative et familiale, hors de tout contexte religieux. Parfois ils sont mariés, souvent ils ne le sont pas. Et je ne me suis jamais posé la question de leur sexe, ni de savoir s'ils étaient les parents biologiques des enfants dont ils s'occupent.
Qu'est-ce que le mariage ?
Historiquement c'est une alliance entre deux familles à travers deux personnes pour préserver et continuer un nom, un patrimoine, une culture. Souvent, ces deux personnes ne s'étaient jamais rencontrées avant de se retrouver mariées et la réussite de leur vie affective et sexuelle était indépendante de leur mariage. L'objectif prinicpal était la transmission. La version religieuse du mariage y rajoutait la transmission d'une religion puisqu'il y a engagement à élever ses enfants dans la religion de son mariage.
Aujourd'hui, le mariage civil est devenu affaire d'individus mais recouvre deux contrats complètement différents et très inégaux. Ilm y a un contrat de couple et un contrat de famille. Un engagement entre deux individus l'un par rapport à l'autre, avec des droits et des devoirs formalisés, et un engagement vis-à-vis de leurs enfants, comportant aussi des droits et des devoirs, mais formalisés uniquement en cas de conflit (abandon, divorce...).
Derrière le débat sur le mariage homosexuel, on voit très bien de double contrat : la majorité des gens vous disent qu'ils sont favorables au contrat de couple, pas au contrat de famille.
Le seul problème dans tout cela, c'est qu'il n'y a jamais eu besoin de passer devant une autorité quelconque pour avoir le droit de créer une famille. Toute personne qui veut avoir un enfant peut en fabriquer un avec la complicité de quelqu'un de l'autre sexe.
Le vrai problème dans ce débat c'est la palce de l'enfant : sa conception est bien une responasbilité individuelle, mais son éducation fait partie de notre projet social commun car c'est une personne, pas un objet.
Dans ces condtions, le débat politique ne devrait-il pas se situer sur la création d'un acte de contrat de famille à la naissance d'un enfant, dépassant le seul état-civil et engageant ses parents naturels ou ses parents adoptifs, quel que soit leur sexe, à le chérir, s'occuper de lui ensemble et assurer son éducation jusqu'à l'âge adulte ?
Parce qu'un enfant a besoin de stabilité affective et matérielle mais aussi d'avoir au moins deux adultes référents pour se construire comme une tirece personne autonome. Et que le plus grave aujourd'hui, ce n'est pas pour moi des couples homosexuels qui élèvent des des enfants, ce sont tous ces gosses dont un des parents, souvent le père, n'assume plus la responsabilité, et qui reste en tête-à-tête avec un seul adulte sans pouvoir bâtir leur identité de façon autonome.
Le mariage redeviendrait alors ce qu'il est pour beaucoup de gens : une union civile protectrice entre deux adultes, sans fin nécessaire de procréation, ce qui est le cas par exemple pour tous les couples qui se marient (ou se remarient) après la cinquantaine bien tassée. Et le droit de concevoir des enfants s'enrichirait de la responsabilité d'élever un enfant.



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