"Les communistes ont ancré les gens dans la misère parce que c'était aussi une manière pour eux d'asseoir leur pouvoir politique", vient de déclarer M. Devedjian Cette déclaration scandaleuse du nouveau président UMP du CG des Hauts-de-Seine, maire d’Antony, est particulièrement mal venue. Le Conseil général des Hauts-de-Seine, département le plus riche de France, et les maires de droite des Hauts-de-Seine, ont fait le choix d’exclure la misère en détruisant du logement social ou en refusant d’en construire, en favorisant la spéculation foncière et l’installation de sièges sociaux avec des emplois très qualifiés, inaccessibles pour la plus grande partie de la population. Et la densification de La Défense comme les projets somptuaires de l‘Ile Seguin ne vont rien arranger. Compte tenu de la richesse de ce département, les présidents successifs – Pasqua, Sarkozy, Devedjian - du Conseil général n’ont fait baisser la pauvreté qu’en faisant partir ceux qui ne pouvaient plus ni s’y loger, ni y travailler ce qu’a toujours refusé la majorité de gauche de Seine-St Denis. Au vu du graphique ci-dessous (Téléchargement Fiscalite92-2005.doc), on constate qu’il reste néanmoins 35% des foyers en 2005 dans les Hauts-de-Seine qui ont moins de 12 000€ par an pour vivre (c’est-à-dire inférieur à un SMIC), et 20% moins de 7 500€ par an, même à Neuilly. Ceux-là ne deviendront jamais propriétaires, ne pourront jamais déduire des intérêts d’emprunt de leurs impôts, accumulent les boulots précaires que plus personne ne leur proposera, les heures supplémentaires des salariés internes remplaçant les intérimaires et les CDD, et auront une retraite minable faute de cotisations solidaires.
La proposition de faciliter les heures supplémentaires sans charges et sans impôts est une remarquable opération de brouillage de fumée.
Parmi les 25 millions d'actifs français, sont exclus ceux qui sont au chômage, ceux qui ont un contrat de travail temps partiel, ceux dont le temps de travail est annualisé ou forfaitisé, soit les deux tiers des salariés;
Aujourd'hui la loi Fillon de 2003 autorise 180 heures supplémentaires /an soit presque 20h/mois et ce quota n'est pas consommé, faute d'une relance de la consommation et du pouvoir d'achat suffisant.
le non paiement de charges sociales sur ces heures signifie qu'elles ne compteront ni pour les allocations chômage, ni pour les allocations maladie, ni pour les allocations retraite;
l'exonération fiscale de ces heures supplémentaires est très probablement illégale et anticonstitutionnelle au nom du principe d'égalité devant l'impôt.
Pilier N°1 "Relancer la croissance pour travailler tous" >Extraits du pacte : « Soutien aux entreprises qui créent de l’emploi en CDI, innovent et se battent contre la concurrence internationale. Aucun jeune sans emploi plus de six mois. »
Pilier N°2 "Améliorer le pouvoir d'achat" >Extraits du pacte : «
Conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance
afin d’engager un véritable dialogue social sur les profits. Revalorisation
et mensualisation des petites retraites, de l’allocation aux personnes
en situation de handicap, doublement de l’allocation de rentrée
scolaire. »
Le Machisme Economique, Chronique de Thomas Piketty dans Libération du 9 avril 2007
La victoire de Ségolène Royal permettrait de sortir enfin du machisme économique hexagonal. Ségolène Royal est une femme, donc nulle en économie ? Aussi grossier puisse-t-il paraître, ce syllogisme d'un autre âge pèse visiblement lourd dans les subconscients. A en juger par certaines réactions, nombre de commentateurs doctes et avisés ont manifestement du mal à aller au-delà de leurs préjugés machistes. Les candidats masculins peuvent se permettre d'aligner les inepties économiques (Sarkozy) ou encore de revendiquer le vide de leur programme (Bayrou). Mais il suffit que la candidate Royal laisse un détail dans l'ombre pour que sa compétence économique soit immédiatement remise en cause. Prenons l'annonce faite par Sarkozy d'abaisser les impôts de 4 points de PIB (produit intérieur brut) au cours de son mandat. Promesse invraisemblable s'il en est, puisque même Margaret Thatcher, en dépit de ses coups de boutoir forcenés sur les dépenses publiques, n'est parvenu à les réduire que de 2 points en dix ans ! Qu'aurait-on entendu si Royal avait fait le même étalage de légèreté et d'ignorance des ordres de grandeur les plus élémentaires ?
L’INSEE a notifié aujourd’hui à EUROSTAT la situation de nos finances publiques. Les chiffres annoncés ne sont guère glorieux :
la croissance française atteint 2,1 % en 2006, soit un niveau inférieur de 0,6 point à celle de la zone et de 0,8 point à celle de l’Allemagne. Au cours de cette législature, le rythme de notre croissance a été divisé par deux : 1,6%/an, contre 3%/an entre 1997 et 2002.
le déficit public reste élevé : il atteint péniblement le niveau constaté dans l’audit des finances publiques de la mi-2002 : la France a donc perdu 5 ans ;
la dette atteint 64% du PIB, soit 7,5 points de plus qu’à la fin 2001. La différence avec la précédente législature est nette : la dette avait baissé de plus d’un point de PIB. Le bilan du quinquennat est accablant : 270 milliards d’euros de dettes supplémentaires, soit 2.000 euros par seconde ! Et encore, ces résultats n’ont pu être atteints que par l’usage d’artifices comptables qui permettent de faire apparaître une baisse « faciale » de la dette : achat de dette publique avec la trésorerie d’autres administrations publiques, reports comptables, réduction du matelas de trésorerie de l’Etat…
Naguère locomotive de la zone euro, la France porte désormais le bonnet d’âne. Plus inquiétant encore, la dynamique de notre croissance est alarmante : au quatrième trimestre, la France a réalisé la dixième performance au sein de l’Euroland. Ces résultats sont d’autant plus navrants que la pression fiscale s’est accrue de 40 milliards d’euros au cours des deux dernières années, les prélèvements obligatoires ayant augmenté de 1,3 point de PIB. Le bilan de la majorité UMP, et donc de son candidat, est en totale contradiction avec ses grands discours, et atteste du peu de crédibilité du candidat de l’UMP. Communiqué de Michel Sapin, Secrétaire national à l’Économie et à la Fiscalité
La baisse du pouvoir d’achat est une réalité, que cache le mode de calcul de l’indice des prix :« Je crois en effet que les Français n’ont pas seulement le sentiment, mais la démonstration, que leur pouvoir d’achat baisse ; ils ont le sentiment, et parce que c’est la réalité, qu’on leur ment sur l’indice des prix. C’est vrai aussi pour les petits retraités. On parle du SMIC, mais je crois qu’il va falloir donner un coup de pouce sérieux aux petits retraités. On en voit de plus en plus qui ne font plus qu’un repas pas jour. Ils savent bien que l’indice des prix correspond à un panier moyen. Or un petit retraité ou une personne au SMIC ne consomme pas comme un cadre moyen. Je prends l’engagement de remettre de la vérité dans le calcul de la hausse des prix, avec les associations de consommateurs, les associations de retraités et ceux qui sont aux bas salaires, parce que je crois que c’est à partir d’un calcul juste que la parole politique, aussi, est crédible pour cette revalorisation des bas salaires. »
Premier débat télévisé pour l’investiture, 17 octobre 2006
Ségolène Royal - 100 propositions - Pouvoir d'achat Cette baisse du pouvoir d’achat provoque la fragilisation des classes moyennes :
Des finances publiques dégradées, une dette en explosion : voilà la France qu’ils nous laissent. Ségolène Royal a indiqué clairement fixé un cap clair lors de son discours de Villepinte (11/02/2007) : « La dette publique est devenue insoutenable ». Aujourd’hui, la dette publique dépasse les 1150 milliards d’euros, soit 18.000 euros par Français. Depuis la mi-2002, la France s’est endettée de plus de 270 milliards d’euros, soit 2.000 euros par seconde ! En hausse de 8 points de PIB, la dette génère des intérêts chaque jour plus pesants : avec 40 milliards d’euros en 2006, c’est le second budget du pays, après l’Éducation nationale mais devant la Défense nationale. L'état inquiétant de nos comptes est très largement imputable aux décisions des gouvernements de droite qui ont laissé filer les déficits publics depuis 2002. Ceux-ci ont été systématiquement supérieurs à 2,5% du PIB, c’est-à-dire le seuil à partir duquel la croissance française ne suffit plus à stabiliser la dette. Cette dérive de la dette est imputable au choix de la majorité :
Le débat Airbus actuel montre bien, s'il en était besoin, que deux logiques s'affrontent en matière économique : celle de l'opportunisme de Sarkozy ou du laissez-faire de Bayrou et celle de la régulation concerté de Ségolène Royal. Les suppressions d'emplois annoncés chez Airbus, la seule entreprise mondiale concurrente du géant américain Boeing sur un secteur, l'aviation, dont les développements sont autant civils que militaires, est un véritable fusil à trois coups armé les incohérences de l'UMP:
premier coup : la suppression des emplois dite 'sans licenciement sec" qui consiste à mettre en retraite anticipée des salariés qualifiés, dont le savoir-faire ne sera pas transmis, le tout aux frais des contribuables alors que les caisses de financement des retraites sont déjà en lourd déficit;
deuxième coup : la suppression d'emplois sans plan social digne de ce nom chez la multitude de sous-traitants qui absorbent depuis des années déjà les aléas économiques pour préserver la rentabilité boursière de l'entreprise;
troisième coup : la suppression de postes pour les jeunes entrant sur le marché du travail et qui, au lieu de prendre la succession des générations précédentes, vont se retrouver sans postes à pourvoir, accentuant encore le chômage et la précarité.
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