Que
dit Sarkozy sur le CNE et contrat unique dans son discours d’Agen ?
"Au chef d’entreprise qui hésite à embaucher parce
qu’il a peur de ne pas pouvoir licencier et qui se perd entre les quelque 36
formules de contrats de travail possibles, je propose un contrat unique à
durée indéterminée, plus souple, avec une consolidation des droits du
salarié au cours du temps." Discours de Sarkozy à Agen.
Que dit Sarkozy sur le CNE et le contrat unique à Charleville-Mezières ?
"… je propose qu’on protège moins les emplois et davantage les
personnes, grâce à la création d’un contrat de travail unique, à durée
indéterminée, à droits progressifs, plus souple en matière de licenciement
économique, et d’une sécurité sociale professionnelle qui sécurise mieux les
parcours individuels. Quand on change d'emploi on doit être mieux protégé. Et
c'est parce que l'on sera mieux protégé que l'on changera plus facilement
d'emploi." Discours de Sarkozy à Charleville-Mézieres.
Que dit Sarkozy sur le CNE et le contrat unique dans le programme officiel de l’UMP ?
"Un nouveau contrat de travail pour un marché du
travail qui fonctionne mieux : en concertation avec les partenaires
sociaux, un nouveau contrat de travail, applicable à toute nouvelle embauche
sera crée ; il sera plus souple les entreprises, grâce à des procédures de
licenciement moins longues et surtout moins incertaines, plus gratifiant
pour les salariés car il sera unique et nécessairement à durée
indéterminée. Les entreprises embaucheront plus , plus vite et plus
facilement." (programme UMP; P.28)
Que dit Sarkozy sur le CNE et le contrat unique devant le CG-PME de JF Roubaud, mercredi 24 janvier
?
"Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher",
a alors déclaré Nicolas Sarkozy, en souhaitant la mise en place "d'un contrat
unique, inspiré du CNE"; Les choses sont claires : mais dures à faire passer,
contre l’avis de tous les syndicats, contre les jeunes et les salariés qui ont
gagné en avril 2006 ! (Reuters)
Comment prétendre parler aux
ouvriers et leur promettre en même temps de se faire « séparabiliser »
facilement, de travailler plus, de gagner moins, de
travailler le dimanche, de diminuer le droit de grève, de
diminuer les droits syndicaux, de ne plus comptabiliser les heures
supplémentaires qui ne seraient plus majorées, ni cotisées pour le salarié, ni
imposées pour l’employeur ?
Alors que dit Xavier Bertrand porte-parole de Sarkozy, pour atténuer l’amère pilule, sur le Cne et le contrat
unique ce matin dans la Tribune ? PARIS (Reuters)
"Nicolas Sarkozy ne prévoit finalement pas de généraliser la formule du Contrat
nouvelle embauche (CNE), introduit par l'actuel gouvernement et qui permet de
licencier sans motif pendant une période de deux ans, annonce son porte-parole
Xavier Bertrand." Le CNE, avec 800.000 contrats signés et 240.000 créations
d'emplois, a montré que l'assouplissement de notre droit du travail
permettait de libérer les embauches.
Sarkozy est en fait le candidat du CPE et du CNE. Il a voté et défendu l’un et l’autre en
août 2005 et au printemps 2006. Il n’a cessé, depuis, de remettre en
cause le CDI tel qu’il est dans notre Code du travail. Le fond, c’est qu’il veut
faciliter le licenciement, la « séparabilité » comme l’appelle Mme Parisot :
licenciement sans motif, sans prud’hommes, sans recours, plus de droit collectif
mais des transactions individuelles avec indemnités, en échange d’hypothétiques
promesses de reclassement… et il annonce en même temps que quelqu’un qui aura
refusé trois emplois n’aura plus d’indemnités,
Si vous doutez que ce que
veut Sarkozy, en fait, sans oser le dire franchement (car tous les syndicats
sont contre) c’est le CNE sur toute la vie, et le licenciement sans motif et
sans recours…
Demandez-vous pourquoi il a reporté l’élection prud’hommes de
décembre 2007 à décembre 2008, pourquoi il limite le droit et les moyens des
conseillers prud’hommes à juger ?
Le thème clef des discours de Sarkozy et
du Medef c’est de "faciliter le licenciement pour faciliter l’embauche"
(argument incroyable dont on se demande bien en quoi il pourrait créer de
l’emploi ! Un patron qui est assez pervers pour n’embaucher qu’à la condition de
pouvoir se débarrasser sans « motif » d’un salarié est un patron dont il faut se
méfier !)
Récemment l’Insee a révélé que de plus en plus de salariés sont
déclassés, " employabilisés " à plus bas salaire…
Moins de
droits à conserver son emploi, plus de "droits" hypothétiques à en trouver un
autre moins bien payé, c’est un marché de dupes proposé aux salariés, qui
revient à lâcher la proie pour l’ombre : c’est la prétendue « sécurité
professionnelle » professée par Sarkozy.
Mais il a aussi des défauts comme
l'absence de la motivation de rupture du contrat et une période d'essai beaucoup
trop longue. Notre intention n'est donc pas de le généraliser", dit-il dans un
entretien au journal La Tribune lundi 29 janvier.
Gérard Filoche

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