Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP, vient d’avancer ses propositions en matière de fiscalité. Elles révèlent une amnésie par rapport au bilan de la droite au gouvernement depuis 5 ans et confirment des choix marqués par l’injustice.
Une amnésie sur le bilan gouvernemental
Nicolas Sarkozy oublie le bilan du gouvernement dont il est le numéro deux depuis 2002 :
- la croissance et le pouvoir d’achat ont été divisés par deux : 1,5%/an, contre 3 % entre 1997 et 2002 ;
- la majoration des heures supplémentaires au-delà de 35 heures hebdomadaires a été baissée de 25% à 10% ;
- les comptes publics ont été lourdement dégradés : +300 Mds€ de dettes depuis la mi-2002 ;
- 17.000 foyers fiscaux imposables à l’ISF de bénéficier d’une baisse de 350 millions d'euros, soit 20.600 euros en moyenne par an ;
la réforme de l’ISF (exonération de 75% de la valeur des actions) a permis par exemple au détenteur d’un patrimoine de 15 millions d’euros d’acquitter 100.000 euros d’ISF en moins par an.
Un programme injuste : donner de l’argent à ceux qui en ont déjà le plus
Les dernières propositions de Nicolas Sarkozy ne marquent pas une rupture avec cette politique, mais bel et bien son prolongement et son accentuation
1 - Baisse de l’ensemble des impôts, taxes et cotisations de 70 milliards d’euros Cette promesse est injuste et démagogique :
injuste : elle repose sur des coupes dans les dépenses publiques prioritaires (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) ou sur la création de nouveaux prélèvements injustes (institution d’une franchise de soins) ;
démagogique : fidèle à la technique chiraquienne, Nicolas Sarkozy promet de baisser les prélèvements de 68 milliards d’euros, tout en réduisant les déficits et la dette sans affecter les dépenses prioritaires : promettant tout, il ne tiendra rien.
dangereuse : avec une telle baisse des prélèvements obligatoires, la dette publique s’envolerait de nouveau, réduisant d’autant les capacités d’actions de l’État.
2 -Suppression totale des cotisations sociales et de la fiscalité pesant sur les heures supplémentaires
Cette mesure, au coût de 4,6 milliards d’euros par an, serait très préjudiciable à l’emploi, dès lors qu’il deviendrait plus intéressant financièrement pour l’employeur d’imposer des heures supplémentaires que d’embaucher. C’est tout le contraire d’une politique de création d’emplois et de valorisation du travail.
3 - Fin des droits de successions
Cette mesure favoriserait les 20 % de Français les plus aisés, qui
sont les seuls à acquitter des droits de successions : le patrimoine
d’un personne avec trois enfants est aujourd’hui exonéré de droits
de succession en ligne directe si sa valeur est égale ou inférieure à
226.000
euros.
4 - Abaissement à 50 % du bouclier fiscal
Cette mesure coûterait entre 2 et 3 milliards d’euros par an
à l’État et signerait la mort de l’ISF. Elles reviendrait en pratique à
exonérer totalement la quasi totalité des redevables à l’ISF du paiement de
l’impôt, puisque seuls les patrimoines supérieurs à 6 millions d’euros
resteraient imposables. Cette mesure, dédiée aux 350.000 foyers qui disposent
d’un patrimoine supérieur à 1,2 millions d’euros, favoriserait la rente et non
le travail.
Des promesses intenables, des solutions dérisoires, de véritables injustices sociales.

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