Dépêche n°76826 de l'AEF, l'agence de presse de l'éducaiton et de la formation
Paris,
Jeudi 22 mars 2007, 09:51:32 Valérie Grasset-Morel
Le Conseil régional d'Île-de-France fête le dixième
anniversaire des pôles de mobilisation professionnelle
Le Conseil régional
d'Île-de-France fête les dix ans de ses pôles de mobilisation professionnelle
créés pour aider à l'insertion des jeunes âgés de 16 à 25 ans les plus éloignés
de l'emploi. Aujourd'hui au nombre de 30, les pôles de mobilisation
professionnelle franciliens ont permis, en dix ans, de faire accéder à la
formation ou à l'emploi, dans les deux mois suivant la sortie du dispositif,
45 000 jeunes (demandeurs d'emploi, handicapés, jeunes sortis du système
scolaire depuis plus d'un an) orientés préalablement par le réseau des missions
locales, soit "un taux de sortie positive de 45%". En 2005, ce taux a atteint
62%. Pour l'année 2007, le Conseil régional ouvre 7 000 places de formation dans
ce cadre.
Les pôles de mobilisation professionnelle ont pour mission
d'accompagner les stagiaires dans l'élaboration de leur projet professionnel en
les familiarisant avec le monde de l'entreprise et en travaillant avec certains
jeunes sur le réapprentissage des savoirs de base. Au terme du parcours au sein
du pôle de mobilisation, le stagiaire doit pouvoir accéder à une formation
qualifiante ou préqualifiante, ou trouver un emploi.
INDIVIDUALISATION DES PARCOURS
Les
prestations délivrées par les pôles reposent sur l'individualisation des
parcours de formation et la prise en compte des difficultés personnelles des
jeunes. La durée des parcours est au maximum de 600 heures en centre et 300
heures en entreprise. Les actions de formation des pôles de mobilisation
professionnelle peuvent s'articuler avec d'autres dispositifs régionaux afin de
répondre au mieux aux besoins des stagiaires, notamment avec les EDI (Espaces
dynamique insertion) permettant de reprendre confiance en soi, de résoudre des
difficultés sociales et de se familiariser avec un métier, les plates-formes
linguistiques pour les publics non francophones, les APP (ateliers de pédagogie
personnalisée) qui offrent des remises à niveau des compétences de base pour des
jeunes engagés dans un projet professionnel, les chantiers-écoles, les parcours
d'orientation professionnelle, les Écoles de la deuxième chance, et le programme
régional d'accès à la qualification.
À cet égard, Jean-Paul Huchon,
président du conseil régional d'Île-de-France a remis, mercredi 21 mars 2007,
avec le recteur de l'académie de Paris, Maurice Quenet, leur CFG (certificat de
formation générale) à 78 jeunes de l'académie de Paris. En 2006, 320
candidatures au CFG, le premier diplôme de formation générale délivré par
l'Éducation nationale, ont été financées par la Région, à des stagiaires issus
des pôles de mobilisation professionnelle, des formations linguistiques et des
pôles d'accès à la qualification.
"LE DROIT À LA RÉUSSITE" ET "LE DROIT À
L'ÉCHEC"
"Derrière le sujet de la mobilisation
professionnelle, il y a des jeunes généralement sortis du système scolaire sans
qualification, qui font face à des difficultés sociales et familiales
importantes, qui ont l'impression que la société ne veut pas d'eux et ne les
accepte pas", déclare en ouverture de la journée, Marie-Laure Meyer, conseillère
régionale (socialiste) d'Île-de-France, adjointe au maire de Nanterre. "Le
premier principe qui fonde la politique de la Région est le droit à la réussite
de tous. Le deuxième principe est le refus des discriminations et des
déterminations quelles qu'elles soient (sexe, âge, couleur de peau, poids...)."
Le troisième principe qui gouverne l'action de la Région est "le droit à
l'échec". "L'échec n'est pas une condamnation: on doit avoir le droit d'être
aidé si on échoue."
Le quatrième principe qui sous-tend l'action de la
Région est celui de "la formation tout au long de la vie qui a été initiée en
2002 par la loi de modernisation sociale créant la VAE (validation des acquis de
l'expérience), même si la sécurisation des parcours reste un but à atteindre",
ajoute Marie-Laure Meyer qui, par ailleurs, co-préside avec Olivier Gourlé,
secrétaire confédéral de la CFTC, le groupe de travail sur la sécurisation des
parcours professionnels créé au sein du CNFPTLV (Conseil national de la
formation professionnelle tout au long de la vie), et dont le rapporteur est
Bernard Legendre, directeur adjoint de l'ACFCI (Association des chambres
françaises de commerce et d'industrie) en charge de l'emploi et de la formation
(L'AEF du 2/02/2007, 74618).
SÉCURISATION DES PARCOURS
PROFESSIONNELS
"Nous avons démarré les travaux du groupe de
travail par une réflexion sur les différentes étapes de la vie professionnelle",
précise à L'AEF Marie-Laure Meyer: "L'accès au premier emploi, la promotion
professionnelle, la rupture d'emploi et la fin de carrière professionnelle (la
question des seniors)." Les membres du groupe "travaillent selon une logique de
questionnement afin de faire remonter les expériences de terrain". "Nous
souhaitons surtout éviter de partir des dispositifs", souligne l'élue
régionale.
"Le mouvement de la territorialisation et irrépressible et
incontournable" selon Marie-Laure Meyer. Elle doit s'appuyer sur les
partenariats comme cela se fait dans les MEF (maisons de l'emploi et de la
formation). "Nous avons besoin d'une territorialisation sur les questions
d'information, d'orientation et de formation", souligne Marie-Laure Meyer qui
est également présidente déléguée de la MEF de Nanterre (L'AEF du 4/07/2006, 66810). Elle défend en particulier l'idée de "lieux référents"
pour les MEF, dans les villes préfectures".
L'ÉCHELON NATIONAL ET
TERRITORIAL
D'autre part, il est indispensable de "clarifier
ce qui relève du niveau territorial et du niveau national". Le seul sujet
vraiment abouti en termes de répartition des compétences entre l'État et les
Régions est "l'apprentissage dans le cadre de COM (contrats d'objectifs et de
moyens en faveur du développement de l'apprentissage)", souligne l'élue. Sur
d'autres sujets comme le CIVIS (contrat d'insertion dans la vie sociale),
"l'État a créé des postes mais pas de locaux par exemple. Cela pose clairement
la question de l'articulation entre les stratégies nationales, les moyens qui
leur sont allouées avec leur mise en œuvre coordonnée sur les
territoires."
Les dispositifs qui visent à développer des partenariats
entre les acteurs sur les territoires posent la question "des moyens dont
disposent ces acteurs - en particulier les partenaires sociaux - pour être
représentés localement". On le constate avec les CCREFP (Comités de coordination
régionaux de l'emploi et de la formation professionnelle) qui ont du mal parfois
à réunir tous leurs membres.
Marie-Laure Meyer précise qu'une "Conférence
des financeurs" de la formation professionnelle est "en projet" en
Île-de-France, à l'instar de ce qui s'est mis en place en Poitou-Charentes
(L'AEF du 15/12/2006, 72742). Toutefois, la taille de la Région capitale constitue
un problème spécifique à en prendre en compte dans la constitution d'une telle
conférence. D'ores et déjà, des partenariats financiers se sont mis en place sur
certains territoires. C'est le cas en particulier avec l'Assédic pour les
formations sanitaires et sociales.
ACCÈS À L'INFORMATION
"Le travail
sur la mobilisation professionnelle est un travail de réseau", précise l'élue.
Plusieurs acteurs ont pu en témoigner, comme le GRETA Turbigo représenté par
Chantal Galtier, formatrice, qui intervient au sein de la Cité des sciences et
de l'industrie de La Villette, dans le cadre des pôles de mobilisation
professionnelle de la Région. "L'un de nos objectifs est de permettre aux jeunes
que nous accueillons (5 000 depuis le lancement de l'opération en 2001)
d'accéder à l'information et à tous les départements de la Cité des sciences,
quel que soit leur niveau de formation et de maîtrise du langage."
Un kit
pédagogique et un emploi du temps sont remis aux jeunes à l'entrée en stage,
"pour leur permettre de se repérer dans l'espace et dans le temps". Les jeunes
sont amenés à découvrir la Cité des métiers, mais également la Cité des sciences
et la Cité de la santé pour acquérir une méthode de documentation et
d'utilisation des outils multimédia. "Une situation d'échange informel entre les
formateurs et les jeunes permet de créer un lien nouveau avec le stagiaire et de
repérer certains freins ou certains handicaps dont il peut souffrir sans
l'exprimer", précise Chantal Galtier. "En visitant la Cité de la santé, un jeune
peut par exemple confier qu'il a une maladie orpheline ou une maladie du sang
qui explique ses difficultés ou ses problèmes de comportement alors qu'il ne
l'avait jamais dit à ses formateurs dans un cadre plus formel."
Ce
travail de socialisation et de mobilisation de jeunes en difficulté au sein d'un
établissement culturel "peut paraître évident". "Mais 5 000 jeunes, c'est à la
fois beaucoup et très peu. Il est essentiel que la Région et d'autres
partenaires soutiennent ce dispositif", relève Olivier Las Vergnas, directeur de
la Cité des métiers.
PROFESSIONNALISATION PAR LE NET
Le
partenariat centré autour du jeune en situation d'insertion est également au
cœur du projet européen Equal "Pronet (professionnalisation par le net)" qui
permet de faire bénéficier aux jeunes en insertion, passant par le pôle de
mobilisation professionnelle de l'Est parisien, d'un accompagnement basé sur les
nouvelles technologies. "L'objectif est d'utiliser les possibilités offertes par
le réseau informatique pour relier les jeunes et les personnes qui les
accompagnent sur les pôles de mobilisation", explique Jérôme Spick du CNA CEFAG
(centre de formation multimédia).
Le projet vise aussi à impliquer
activement les jeunes dans la gestion et la capitalisation de leur parcours. Le
jeune est "partie prenante du partenariat" entre la mission locale et le
formateur sur la mise en œuvre de ce projet. Il a accès à un "livret individuel
en ligne" qui permet aux jeunes de préciser son projet professionnel, ses
intérêts et ses motivations. L'application permet également au formateur de
visualiser le parcours du jeune. Dans une "boîte à outils", le formateur peut
également aider le stagiaire dans la construction de son projet professionnel.
C'est une "base de dialogue" pour les deux partenaires.
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