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17 notes de la catégorie "Enjeux européens"

18 juin : la mémoire courte des gaullistes

Alors que l'UMP fête avec faste la commémoration du 18 juin 1940, elle vote en même temps une loi très restrictive sur le statut des étrangers qui oublie pourquoi le territoire français a voulu être libéré de l'occupation nazie et nous ramène aux temps du colonialisme.

Aujoud'hui, l'assemblée nationale et le sénat ont choisi de traiter les étrangers comme de la main d'oeuvre, une ressource naturelle à la disposition de ceux qui en ont besoin. Exactement ce que l'Allemagne nazie avait prévu de faire et qui nous semblait, à juste titre insupportable : utiliser la force de travail d'un peuple au seul bénéfice d'un autre peuple.

La seule différence aujourd'hui, c'est que le rapport de force ne se fait pas par les armes mais par la famine : vous ne pouvez survivre dans vos pays, exploités par vos élites locales corrompues par les grandes multinationales de l'énergie et des matières premières ? Pas de problème, abandonnez femme et enfants et venez chez nous. Vous avez des diplômes ? C'est encore mieux car c'est plus facile de faire travailler quelqu'un qui sait lire et écrire.

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Quel projet d'alternance après le non ?

Le projet de traité constitutionnel européen a été rejeté en France avec 70% de participation et 55% de majorité. Un refus incontestable même s'il pose énormément de questions :

  • les "non" des autres pays européens sont des coalitions d'extrêmes, gauche et droite, de libéraux et d'ultras chrétiens, la France est actuellement le seul "non" à majorité sociale;
  • tant que la majorité parlementaire française est celle que nous avons, ce n'est pas avec Chirac et Sarkozy que la dynamique sociale s'accentuera en Europe;, toute redynamisation à gauche du processus européen passe par une victoire de la gauche aux prochaines législatives, françaises en 2007 mais aussi allemandes en 2005, voire italiennes et polonaises afin de construire une majorité de peuples favoranles au progrès social et refusant le libéralisme;
  • la victoire de la gauche en 2007 passe par une recomposition capable de créer une majorité de projet,  d'autant plus qu'une partie des "non" ne sont pas de gauche mais souverainistes et xénophobes; 55% de "non", cela ne fait pas une majorité de projet, c'est une coalition de refus;
  • le système politique de gouvernement au niveau national est discrédité : pas de cohérence entre les paroles et les actes, utilisation de l'Europe comme alibi voire comme bouc émissaire, carrières personnelles privilégiées, abus des moyens publics à des fins privées. Peut-on reconstruire un projet sans le remettre en cause ?

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Sur quel mandat européen peut-on renégocier ?

Il n'est pas indifférent pour le savoir de voir quels sont les partis qui appellent au Non en Europe.

Ce sont eux qui s'attribueront dans chaque pays la victoire.

Ce sont eux qui donneront le contenu d'une éventuelle renégociation.

Les partis qui disent Non dans l'Union Européenne :

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La guerre et l'Europe

Qui se souvient de la guerre en Europe, à part ceux qui assistent aux cérémonies ?

Et, pour y représenter régulièrement la ville et le conseil régional, je peux vous dire qu'ils sont peu nombreux : quelques survivants, des officiels et la fanfare municipale, c'est tout. 50 personnes maximum pour prendre le temps de se souvenir que la guerre existe, qu'elle est généralement le fruit d'une compétition économique non régulée, pour la tere, pour les matières premières, pour les richesses. Il suffit de pas grand chose, de l'amertume, de la jalousie, de la haine soigneusement entretenues et alimentées pour transformer des peuples pacifiques en monstres assoiffés de sang.

Il y a moins de soixante ans toute l'Europe était en guerre, avec des dizaines de millions de morts.

Il y a moins de vingt ans, l'Allemagne était coupée en deux et la moitié de l'Europé était sous l'occupation militaire soviétique, quand les manifestations étaient réprimées par les chars.

Il y a moins de dix ans, l'Europe centrale s'embrasait dans une guerre ethnique qui a vu resurgir les exécutions massives, les charniers, les camps de concentration.

Et vous croyez que ce n'est qu'un chiffon de papier, un traité constitutionnel ?

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Le libéralisme n'a pas besoin de constitution, les citoyens oui

Au fur et à mesure de cette camapgne, les arguments se développent et parfois laissent pantois.

Il y a un non nationaliste, réactionnaire et antieuropéen pour lequel Pasqua, le Pen et de Villiers rivalisent de sous-entendus racistes et protectionnistes quand ils ont la décence du sous-entendu. Pour celui là le mot Europe est synonyme d'invasion et de bouc émissaire d'une nostalgie peitte-bourgeoise aux relents pétainistes.

Il y a un non nostalgique d'une certaine image de la France, qui a des reflets de néocolonialisme et grâce auquel une avant-garde éclairée devrait prétendument entraîner tous ces peuples stupides qui pourraient voter oui parce que ce sont des veaux. Pour ceux là, la démocratie ne vaut égalité que virutellement carils sont profondément convaincus que les autres ne sont aps assez intelligents pour comprendre. %ais, peu importe que la France continue à peser 9% des voix avec le traité de Nice au lieu de 14% avec le traité constitutionnel, l'important c'est d'afficher des valeurs, pas de les faire vivre.

Et puis il y a un non utopique, un non enfantin qui rêve un monde qu'il refuse de comprendre et qui mélange Bolkestein et son inacceptable pays d'origine et le traité constitutionnel qui empecherait son adoption. Car qui sait que le poids de pays anti Bolkestein est de 36% des voix avec le traité de Nice et de 48% avec le traité constitutionnel ?

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Directive Bolkestein : de qui se moque-t-on ?

La directive Bolkestein agite beaucoup de débats en ce moment.

D'abord parce que le pricnipe de décison par les gouvernements se déroulent dans des sommets à huis clos contrairement aux débats parlementaires qui, eux, sont toujours publics.

Ensuite parce que cette directive, au lieu de rester fidèle au principe qui a présidé à toute la construction européenne d'harmonisation des législations c'est-à-dire de recherche négociée d'un point d'équilibre veut appliquer le principe du pays d'origine c'est-à-dire de concurrence des legislations.

On emporte sa nationalité d'origine avec soi , on respecte les règles du pays dans lequel on vit et on travaille. Refuser ce pincipe, c'est refuser le principe même de démocratie qui veut qu'un groupe de personnes partageant un même territoire reconnu comme ayant son autonomie puisse fixer les règles qui s'y appliquent. C'est aussi entamer une course à l'échalote du moins-disant social et de la concurrence sauvage alors que l'enjeu principal de l'Europe c'est d'inventer une autre mode de travail entre les peuples qui permettent le progrès social partagé.

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Espagne : la Pologne dans 10 ans

Le referendum espagnol a marqué une forte majorité d'européens parmi ceux qui ont pris la peine de se déplacer.

Rien d'étonnant car la situtation économique de l'ESpagne lors de son entrée dans l'UE était très proche de celle de la Pologne aujourd'hui :

  • un pays sortant d'un longue période de manque de libertés économiques et sociales
  • un pays dominé par la culture rurale et le poids de l'Eglise catholique et des traditions
  • un pays d'émigration vers des pays plus prospères.

Aujourd'hui, grâce à la dynamique de l'Europe et de l'euro, l'Espagne est devenu un  pays attractif, au développement rapide, avec une amélioration importante du niveau de salaire et du pouvoir d'achat, des lois sociales qui sont même progressistes vis-à-vis du reste de l'Europe comme la législation contre les violences faites aux femmes.

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Concurrence, cohésion sociale et traité constitutionnel

A la suite de commentaires sur mon blog, je suis allée rechercher les termes exacts qui montrent que, pour la première fois dans un texte européen, le plein emploi, l'économie sociale de marché, la cohésion sociale et territoriale sont mises sur le même plan que la concurrence libre et non faussée. Ce qui signifie qu'un état ou une collectivité publique, dans le cadre de ces objectifs a le droit de porter atteinte à la concurrence sous réserve de ne pas fausser le marché. NB : EDF n'aurait probablement pas eu autant de difficultés avec la communauté européenne si elle n’était pas allée répondre à des appels d'offres dans d'autres pays européens, tout en voulant conserver un monopole en France.

DÉFINITION ET OBJECTIFS DE L'UNION

Article I-1: Etablissement de l'Union

1. Inspirée par la volonté des citoyennes et des citoyens et des Etats d'Europe de bâtir leur avenir commun, la présente Constitution établit l'Union européenne, à laquelle les États membres attribuent des compétences pour atteindre leurs objectifs communs. L'Union coordonne les politiques des Etats membres visant à atteindre ces objectifs et exerce sur le mode communautaire les compétences qu'ils lui attribuent.

2. L'Union est ouverte à tous les États européens qui respectent ses valeurs et qui s'engagent à les promouvoir en commun.

Article I-2: Les valeurs de l'Union

L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'Homme, y inclus des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l'égalité entre les femmes et les hommes.

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Traité constitutionnel européen : le droit de débattre

Il y a quelque chose d’indécent dans ce refus du débat qui traverse notre démocratie :
- oui, il est normal de se poser des questions quand on a à prendre une décision politique, même s’il n’est pas nécessaire de la mettre en scène médiatiquement ;
- oui, il est sain de débattre dans un parti politique et de ne pas laisser des « chefs » décider ; un parti doit être une école de citoyenneté, pas une armée d’exécutants ;
- oui, enfin, il est indispensable de confronter, s’informer, d’avoir la liberté d’évoluer ; car à quoi sert le débat si les positions sont figées dés le moment où on ouvre la bouche.
Ceci dit, parmi tous les arguments exprimés, certains sont utiles au débat, d’autres ne visent qu’à agiter les peurs, renforcer les replis identitaires, renvoyer encore le citoyen à son impuissance face à la mondialisation.
Il est important de parler de ce qui est écrit dans les 300 pages du document sur lequel nous devons donner notre avis, il est incorrect de faire croire qu’il s’agit d’une Constitution, Ce n’est pas un accord entre des personnes, il s’agit d’un traité, ratifié par des Etats. Le traité doit d’ailleurs être signé par les chefs d’Etat à Rome le 29 octobre 2004 avant d’être ratifié par les parlements ou par des referendums nationaux. Voici donc l’adresse du site sur lequel vous pouvez vous informer en direct.
http://europa.eu.int/futurum/eu_constitution_fr.htm
Il est nécessaire de veiller à ce que ce traité constitutionnel, qui donne plus de pouvoirs au parlement et au peuple européen, préserve bien la capacité d’avoir une alternative politique de droite ou de gauche. Il est erroné historiquement et techniquement de considérer que le terme « concurrence » est d’essence libérale ; l’opposé de ce mot, c’est « monopole », monopole public ou monopole privé, et, à titre personnel, j’ai très peur des monopoles car ils sont toujours nuisibles à l’innovation et aux libertés individuelles. Une politique de la concurrence de droite ou une politique de gauche ne mettent pas les mêmes actes derrière les mots, elles peuvent avoir le même principe républicain (et plutôt de gauche) de refuser les positions dominantes. Vous trouverez ci-dessous un rapport sur concurrence et citoyen qui permet de se poser les questions sur les mots à partir de leur interprétation dans les actes.
http://europa.eu.int/comm/competition/publications/competition_policy_and_the_citizen/fr.pdf

Il est certain que la définition des services publics à la française, rebaptisés services d’intérêt général dans le livre blanc européen qui les a consacrés, ne font pas l’unanimité dans la gauche européenne, y compris dans des pays qui ont une social-démocratie plus efficace que la notre (pays nordiques où la concurrence est forte, la protection sociale efficace et le chômage faible). Allez voir le livre blanc sur les services d’intérêt général, préparé à une époque où la commission était plutôt de gauche… puisque cela varie selon la majorité des différents pays membres.
http://europa.eu.int/eur-lex/fr/com/wpr/2004/com2004_0374fr01.pdf
Enfin il est indispensable de savoir pourquoi ou pour qui on vote oui ou non, mais il est absurde de se poser la question de savoir avec qui on va se retrouver en France. La construction européenne n’est pas un enjeu interne mais d’abord un enjeu de la lutte contre la mondialisation financière et la domination par la force : les peuples européens, en acceptant ce traité, continuent-ils à construire un contre-pouvoir à la domination russo-américaine il y a soixante ans, américaine aujourd’hui, ou bien, en restant sous l’égide du traité de Nice et en essayant de retrouver un consensus, restent-ils enfermés dans des règles qui les condamnent au plus petit commun dénominateur ?
En ce qui me concerne, je voterai oui au referendum interne du PS : parce que je veux l’Europe des peuples, même à petits pas, parce que j’en ai assez d’élire des députés européens qui ne pèsent pas sur les politiques européennes, parce que je ne veux pas laisser l’Europe à mi-parcours, gigantesque marché qui serait sans politique industrielle, de défense, de transports ou d’indépendance.
Historiquement, nous sommes passés des féodalités aux pays (en Italie ou en Allemagne, cela date d’à peine un siècle). Aujourd’hui, nous tentons de construire un espace de droit dans un monde de plus en plus brutal.
Nous avons la chance de faire partie des pays les plus riches du monde, la majorité qui nous gouverne considère que cette richesse doit se concentrer entre les mains de quelques-uns et non être équitablement répartis. Du coup, la nécessaire redistribution des richesses à l’échelle de l’Europe se fait entièrement aux dépens des plus vulnérables de notre pays. Ce n’est pas d’une autre Europe dont nous avons besoin, celle qui existe se construit lentement mais sûrement dans le sens de la solidarité et du droit, c’est d’une autre politique nationale que celle de l’équipe Chirac-Raffarin-Sarkozy.

Carnage totalitaire ailleurs, assassinat libertaire ici

On nous avait annoncé 350 otages, il y a 200 morts et plus de 700 blessés dans cette école inconnue jusqu'à la semaine dernière, située au nord de la Turquie et de la Géorgie, en Oussétie.
Au delà des images d'un massacre à l'arme lourde tel que les autorités russes le pratiquent sans nuances, on peut même dire sans vergogne, la contradiction entre ces deux chiffres montrent à quel point la vie humaine compte peu dans ce pays.
- Peu pour les terroristes tchétchénes, que le désespoir devant une guerre d'élimination de leur population conduit à des actes de plus en plus violents, comme s'ils voulaient prendre en otages la population russe toute entière pour se venger du piège dans lequel ils se trouvent.
- Encore moins pour le gouvernement russe, qui n'a pas plus de pitié pour la protection de ses citoyens qu'il n'en a pour la population thétchène massacrée, déportée, violée dans des condtions d'autant plus atroces qu'un silence mondial couvre ses attrocités. Où sont-ils, nos parangons de l'humanitaire ? Serait-ce parce que le pétrole coule à flot à travers cette région que nous ne contestons pas publiquement les méthodes d'une gouvernement bien proche de celui d'un Saddam Hussein ?
Le terrorisme est un rapport de forces qui se substitue à un rapport de droit. Il rend des anonymes responsables au nom d'une identité collective autoproclamée.
Alors il y a le terroriseme international et puis, juste en bas de chez nous, il y a le terrorisme local.
Un agriculteur décide de prendre en otage la vie de deux contrôleurs du travail venus faire respecter la loi en notre nom. Au nom de sa seule liberté, il est prêt à faire travailler des gens sans payer les charges sociales qui les couvrent en termes de santé et de retraite. Mais, en plus, il tue, il exécute deux focntionnaires chargés de faire respecter la loi, les droits des plus faibles, la volonté générale telle qu'elle a été décidée démocratiquement.
Et si le gouvernement français ne veut pas des lois, qu'il les change mais la déclaration du ministre Gaymard qui s'apitoie sur le sort de l'agriculteur est insupportable, : c'est au nom de la loi républicaine que ces deux contrôleurs à 1500€ par mois sont allés se faire massacrer tandis que M Gaymard paradait dans les ors de la République avec sa confortable indemnité de ministre. Lisez le communiqué, c'est édifiant http://www.agriculture.gouv.fr/spip/leministere.leministrelecabinet.communiquesdepresse_a3791.html

Bien sûr cet agriculteur avait des problèmes : heureusement qu'il ne les a pas assassinés par plaisir ou par distraction ! Mais si tous les gens qui ont des problèmes dans ce pays choisissaient la haine et le meurtre, M Gaymard aurait des soucis à se faire.
Parce que, comme en Tchétchénie, quand la haine d'un peuple s'embrase face au non-droit, elle ne sait plus s'arrêter.