Tribunal administratif de Versailles : dernier recours contre l'expulsion
Aujourd'hui, nous étions une quinzaine de Nanterriens, dont 2 élues, à assister à l'audience du tribunal administratif de Versailles pour soutenir un habitant de la commune menacé d'expulsion.
Les quotas d'expulsion , les lois de plus en plus étriquées atteignent dans ce type d'enceinte leur paroxysme. Dommage que le président Sarkozy, qui proclame tellement le devoir de mémoire, ne se souvienne pas que son père a pu s'installer en France quand il a fui la Hongrie sans subir une telle humiliation, un tel mépris. La France des droits de l'homme est détruite par un de ses principaux bénéficiaires.
Une audience lourde, avec une magistrate accueillante et respectueuse mais où, en 30 minutes, sont décrites une errance d'un pays d'origine vers un pays d'arrivée, une vie familiale, des boulots non déclarés, une absence totale de casier judiciaire, des enfants et l'attente, insupportable, d'une décision qui joue leur vie à quitte ou double.
Les audiences sont publiques et mériteraient de figurer dans le programme de tous les fonctionnaires pour les obliger, non pas à ne pas respecter la loi, mais à prendre le temps de chercher par tous les moyens à trouver les éléments de vie qui, comme l'ont démontré un à un les avocats, auraient permis d'éviter une telle situation, le traumatisme familial que représente le risque d'expulsion sans retour possible.
Ces témoignages poignants étaient aussi hallucinants sur la façon dont la loi est appliquée en France :
- qu'est-ce qui justifie ces approximations dramatiques du dossier fourni par le préfet - pas de visa d'entrée alors que le passeport et son visa sont fournis, retour dans une famille qui n'existe pas (père décédé, mère dans un autre pays), non reconnaissance de la maladie grave d'un enfant malgré les certificats de grands hôpitaux, etc ?
- comment ose-ton soupçonner tout couple d'être factice, faire témoigner une femme veuve avec 4 enfants, la voix tremblante, pour dire que ses enfants ne peuvent pas perdre leur père une 2e fois, demander à un père d'expliquer que 2 sur 3 de ses enfants ont une maladie génétique impossible à soigner dans son pays, qu'il travaille, qu'il est un bon citoyen et qu'il demande le droit que ses enfants vivent ?
- qu'est-ce qui permet d'interpeler quelqu'un qui se rend dans un service public pour apporter les papiers demandés pour sa régularisation et se retrouve en centre de rétention sans même que ses papiers aient été lus et vérifiés, y compris promesse d'embauche, situation familiale, paiement des impôts et du loyer, etc. ?
Aucun représentant des différents préfets - Yvelines, Essonne,
Hauts-de-Seine - n'est venu défendre ses dossiers : enquête
approximative, procédure expéditive, évaluation inexistante, le comble
pour un gouvernement qui vante ou essaie de vanter son efficacité
administrative.
Je n'ai pas tous les résultats des 5 personnes
entendues cet après-midi mais je peux vous annoncer que notre
Nanterrien père de 3 enfants a vu son arrêt de reconduite à la
frontière annulé. Quand il devra retourner à la préfecture, nous
l'accompagnerons
Merci, madame la présidente, d'avoir exercé un
justice digne dans une situation aussi indigne. C'est à cela que cela
sert, l'indépendance de la justice, protégeons-la


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