Sécurisation des parcours professionnels : la contribution du Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie
Le sentiment d'insécurité professionnelle s'accroit sous la pression de deux logiques très fortes :
- le transfert du risque économique de l'actionnaire sur le salarié précaire qui fait qu'aujourd'hui que le risque d'investissement est mieux sécurisé que le risque de travail, voire les conditions de vie;
- la demande de changement des consommateurs, entretenus par rapidité des changements technologiques, la publicité et cette mode du "tout tout de suite".
Le résultat de tout cela est qu'il y a de plus en plus de salariés précaires, qui ne sont payés que pour le temps de travail fait et non pour le risque encouru, qu'il s'agisse de pénibilité, d'horaires décalés ou de temps partiel subi. ces salariés précaires, en plus des conséquences sur leur situation familiale, leur situation de santé et leurs conditions de vie, encaissent de surcroit de plein fouet tous les aléas de conjoncture et repassent donc par la case chômage quand ils ne tombent pas dans la trappe à exclusion. Cette précarisation voire cette déqualification est d'autant plus importante que le niveau de formation initiale est faible ou que les compétences professionnelles ont été peu validées et développés dans l'emploi.
L'enjeu de la sécurisation des parcours professionnels est donc un sujet qui dépasse largement le seul champ de la formation professionnelle mais auquel cette dernière concoure car elle permet d'adapter les compétences professionnelles dans un environnement changeant, voire de passer d'une situation d'exclusion ou de précarité à une situation de plus grande stabilité.
Le Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie, qui réunit les représentants de l'Etat, des partenaires sociaux et des conseils régionaux et dans lequel je représente l'Ile-de-France, a mis en place un groupe de travail dont j'ai assuré la co-présidence avec la CFTC.
Téléchargement Securisation_des_parcours_professionnels_par_la_formation.pdf
Ce groupe de travail vient de rendre ses conclusions, adoptées à l'unanimité, que vous trouverez dans le diaporama ci-dessous Téléchargement Contribution_du_CN_a_la_SPP.pdf et s'est appuyé pour ce faire sur un recensement d'expériences dans toute la FranceTéléchargement rapport_final_SPP.pdf qui montre que, si la formation contribue bien à la sécurisation, les conditions dans lesquelles cette sécurisation se fait sont une véritable usine à gaz.
Il faut donc à la fois clarifier, coordonner et donner des droits non seulement par le travail (cotisations sociales) mais par la citoyenneté (droit à l'éducation) et par la situation (handicap, exclusion, etc.) et faire en sorte que ces droits puissent se cumuler au lieu de fonctionner en tuyau d'orgue.
Je vous ferai compte-rendu de la suite de ces débats qui vont se poursuivre dans 2 groupes de négociation auxquels je participe au titre de l'ARF : le Grenelle de l'insertion et le groupe de travail national sur al réforme de la formation professionnelle.


Voilà un projet intéressant. Etant moi-même membre du comité de l'entreprise où je travaille, dans la commission formation, ayant participté à la négociation sur la gestion de l'emploi et des compétences (GPEC), je suis bien sensibilisé aux problémations de formation et à la nécessité de la formation tout au long de la vie et de la sécurisation des parcours professionnels.
Pourtant une question me taraude. La précarisation de l'emploi est une réalité de plus en plus pressante. Par facilité mais aussi par besoin, les entreprises cherchent la flexibilité (à ce satané mot !). Je lis dans ton billet que la formation limite ou diminue les risque de précarisation de l'emploi. Je le comprends et ça me parait logique. Pourtant, même si dans un monde idéal, demain, tout le monde a des formations, il restera toujours des gens dans des emplois précaires. Je reprends l'exemple de la file d'attente. Le fait d'être formé permet de changer de place dans la file des emplois précaires, mais ne les éradique pas : je suis formé, j'ai donc plus de chance d'avoir un emploi non précaire (emploi que je prends à quelqu'un qui jusque là était mieux formé que moi), et l'emploi précaire que j'aurai eu, c'est quelqu'un d'autre qui le prend (peut-être le même à qui j'ai pris l'emploi non précaire)
Mon raisonnement est peut-être allambiqué, mais pour moi, il montre que non seulement il faut travailler sur cette sécurisation des parcours professionnels (mais peut être est-ce plus utile à l'intêret de l'emploi) mais aussi sur la manière de limiter les dommages qu'implique la précarisation de l'emploi, car quoiqu'on fasse, des emplois précaires il y en aura toujours.
Rédigé par: Gwenael Luneau | le samedi 15 mars 2008 à 13h36