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« janvier 2008 | Accueil | mars 2008 »

mercredi 27 fév 2008

Lutte contre l'illettrisme : ne pas se tromper de combat

Il y a un large consensus autour de la lutte contre l'illettrisme : il est évident que la maitrise de la lecture, de l'écriture et des règles de calcul de base font partie intégrante de l'autonomie sociale et professionnelle dans la société d'aujourd'hui.

Pendant longtemps, ce sujet a été traité par la politique de l'autruche : au pays de Jules Ferry, les seuls illettrés étaient les très vieux et ceux qui venaient d'ailleurs. D'où aucune étude sérieuse et un certain nombre de clichés - les jeunes sont de moins en moins biens formés, les étrangers sont illettrés, il faut des cours pour les femmes qui ne travaillent pas, les illettrés sont majoritairement dans les zones urbaines sensibles - clichés qui ne résistent pas à l'analyse réalisée par l'INSEE pour le compte de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme.
Il y a en France un peu plus de 3 millions de personnes en situation d'illettrisme soit 9% de la population active qui ont suivi un cursus scolaire d'au moins 10 ans mais ne maitrisent plus les savoirs de base.

  • Ce sont majoritairement des hommes (60%)
  • 10% seulement des personnes illettrées vivent dans les zones urbaines sensibles, près de 50% habitent dans des zones rurales ou peu peuplées, mais 18% des personnes vivant dans les zones urbaines sensibles sont illettrées.
  • 11% seulement des personnes illettrées sont au chômage, les autres travaillent ou sont à la retraite mais 15% des demandeurs d'emploi sont illettrés
  • 5% des personnes illettrées sont des bénéficiaires du RMI, amis 25% des bénéficiaires du RMI sont illettrés
  • 5% seulement des jeunes sont illettrés mais 15% des 45-65 ans, la majorité des personnes illettrées a plus de 45 ans.

Si l'on ramène ces chiffres à l'échelle d'une ville comme Nanterre (à la louche), environ 3 000 actifs (37 000 16-65 ans à Nanterre) sont en situation d'illettrisme :

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mardi 26 fév 2008

Pourquoi je suis candidate aux prochaine élections municipales

Ayant été mise en cause directement par un visiteur sur un autre blog nanterrien Opinion citoyenne, blog que je vous recommande, je souhaiterai répondre sur mon propre blog de façon une peu plus détaillée que la réponse laissée ci-dessus.
Vous disposez de mon texte de démission sur mon blog car ce genre de décision difficile et lourde à prendre mérite d'être rendue publique, en particulier pour ceux qui m'ont fait confiance et désignée à ces mandats.
Et donc je vous confirme, si vous ne l'aviez pas remarqué, que je n'ai pas démissionné de la mairie, mais seulement de mes fonctions de présidente du groupe socialiste et de maire adjointe car les conditions de partenariat ne me permettaient plus d'assurer ces fonctions correctement.
La démission de mes responsabilités est un risque personnel que j'ai pris pour faire bouger sans détruire notre majorité. C'est aussi une souffrance car ce n'est pas si simple d'arrêter en cours de mandat une complicité avec des équipes pour mener à bien des projets, même si à 9 mois de la fin du mandat, ces projets étaient tous enclenchés.
Cette démission m'a permis de retrouver une liberté d'action et de parole que je ne pouvais pas avoir à partir du moment où j'étais à la fois porte-parole de mon groupe et adjoigne du maire et de consacrer plus de temps à mon mandat régional.
Mais je suis restée nanterrienne, conseillère municipale, membre du groupe socialiste.Comme je l'ai déclaré lors du dernier conseil municipal, je fais partie de ces individus stupides pour lesquels la fidélité est une valeur et qui font de la politique par conviction pas par opportunisme personnel.

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vendredi 22 fév 2008

Analyse de la situation politique : les retours de bâton de l'histoire

L’identité de cet ancien député est communiquée en fin de billet, mais, pour le plaisir, le mieux est de ne pas tricher et de lire l’entretien avant. Le texte provient de l'excellent site Eglantine info
Eglantine : Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
Le célèbre académicien et ancien député de Paris : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue...
Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habileté, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là... Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Eglantine : Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?
LCAEADP : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier... On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent... Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.
Eglantine : Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
 

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jeudi 21 fév 2008

"Le despotisme est le gouvernement où le chef de l’État exécute arbitrairement les lois qu’il s’est données à lui-même, et où, par conséquent, il substitue sa volonté particulière à la volonté publique."

KANT (Emmanuel) - Philosophe allemand (1724-1804) - Source : De la paix perpétuelle
Le climat politique actuel est à la mesure de l'hystérie médiatique des épisodes précédents. Après l'extase mystique devant chaque déclaration intempestive du chef de l'Etat, la presse tourne maintenant à la caricature avec une férocité tout aussi remarquable que ses enthousiasmes précédents.
On peut y voir la faiblesse de notre système médiatique. On peut aussi se dire que ce qui est un talent pour un candidat - la capacité à surprendre, à occuper le terrain - peut très vite devenir un handicap majeur pour un président en exercice. car plus personne n'attend de lui qu'il surprenne, tout au contraire. Il a suscité des espérance dont ceux qui l'ont soutenu attendent maintenant les retours sur investissement. Et ces espérances se situent à un niveau de responsabilité qui suppose sérieux, rigueur, cohérence, dignité.
Toutes qualités très éloignées de l'agitation désordonnée car purement tactique à laquelle on assiste.
Il est tout aussi frappant de constater à quel point les leçons de l'histoire ne sont pas appropriées : reprenez toute la vie politique du président, vous constaterez qu'il a toujours été très brillant pour s'emparer du pouvoir, avec des prises de risque élevées, amis qu'il n'a jamais laissé aucune oeuvre originale destinée à améliorer la vie de ses concitoyens, ni à Neuilly, ni au conseil général des Hauts-de-Seine. Et que cette boulimie féroce de projets et de médiatisation est le boulet justement qui l'empêche d'être efficace : quand on est sur le pont, on n'est pas dans la soute et quand, par dessus le marché, ceux qui devraient être dans la soute, veulent aussi se faire admirer dans la presse et que toute la famille s'en mêle, cela donne une image lamentable de la fonction présidentielle : le premier consul disparait au profit d'un empereur discrédité par les querelles et les intérêts  de son clan
Le premier minsitre l'a bien compris qui, dans sa stratégie de besogneux, a au moins le respect d'essayer de faire avancer les dossiers de ceux qui l'ont élu en évitant de démolir la cohésion natioanle et le rôle de l'opposition.
Car, en démocratie, si on n'a pas d'opposition, on n'a plus non plus de majorité...

lundi 18 fév 2008

9-2 Le clan du président

Constanty Il y a des livres qui vous font vous sentir très naïf : la dernière enquête réalisée par 2 journalistes, Hélène Constanty et Pierre-Yves Lautrou, sur le département des Hauts-de-Seine en fait partie.
Il est frappant de constater comment, à partir d'un clan d'hommes issus de la résistance - des héros - on assiste progressivement à une prise de pouvoir qui se rapproche plus de la mafia que de la démocratie : gros bras, affaires juteuses, liens familiaux, arrangements entre amis...
Les intérêts des habitants sont bien loin de ces montages immobiliers et de ces prises de pouvoir par tous les moyens.
Un tel livre pose plusieurs questions de fond :

  • une majorité de Français a-t-elle porté au pouvoir en 2007 un homme qui va décliner, à l'échelle de la présidence de la république, ce qui a été organisé pendant 60 ans dans le département des Hauts-de-Seine par Charles Pasqua puis Nicolas Sarkozy ?
  • comment les simples citoyens sont-ils capables de lutter efficacement contre ce type de pratiques claniques et cette alliance incestueuse entre pouvoir politique et intérêts économiques ?
  • pourquoi une telle enquête n'est-elle publiée qu'après l'élection présidentielle, quand une partie des informations qui y sont regroupées sont de notoriété publique de tous les élus locaux et les journalistes qui essaient de faire correctement leur boulot ?

Lisez ce livre, réfléchissez à cette enquête, à ce que les pratiques qui y sont décrites tout au long des soixante dernières années signifient sur l'indifférence voire la complicité passive d'un certain nombre d'électeurs qui y ont trouvé leur compte, au mépris d'une certaine éthique républicaine.
On dit souvent "l'exemple vient 'en haut". Dans une société libre et éduquée, ne serait-il pas temps de donner l'exemple d'en bas, en refusant d'être complice du clientélisme soit pas ses propres demandes ("je voterai pour vous si", refrain trop souvent entendu dans les permanences d'élus) soit par le fait de privilégier trop souvent la qualité de communicant des candidats à la vérification de leur intégrité   ?
Le bon fonctionnement de la démocratie demande un investissement de temps et d'énergie énorme, non pour critiquer mais pour construire des alternatives.
Vous qui vivez dans les Hauts-de-Seine, prenez le temps de vous mettre au courant car les hommes décrits dans ce livre ont moins de 60 ans et encore de belles années devant eux pour profiter du pouvoir... à nos dépens.

jeudi 14 fév 2008

Enfants juifs déportés : que deviennent les enfants cambodgiens, arméniens, rwandais, palestiniens, tchétchènes, tibétains, kurdes, argentins et tous les autres ?

Le président de la république vient de nous refaire un numéro de pathos comme il en a le secte - ou l'outrecuidance indécente - à propos des enfants juifs déportés. Il demande que chaque enfant de CM
"adopte" un enfant juif en mémoire de la Shoah.
Au de la de la pertinence pédagogique d'imposer à un enfant de 10 ans de vivre avec le souvenir de la mort d'un enfant de son âge, dont les pédopsychiatres pourront dire si cela apportent une mémoire susceptible d'éveiller les consciences ou au contraire une culpabilité morbide, li y a une ambiance malsaine autour d'une telle propositions :

  • pourquoi privilégier les enfants juifs et occulter tous les autres enfants, dans l'histoire du XXe siècle comme dans le siècle actuel qui sont actuellement victimes de massacres; la machette ou la famine ne sont pas je crois moins efficace que les chambres à gaz;
  • pourquoi privilégier les enfants et oublier leurs familles, tous ces gens sans armes, de nationalité française ou réfugiés en France, qui sont morts avec ses enfants ?
  • pourquoi demander à des enfants de se souvenir des victimes plutôt que des héros, ceux qui ont sauvé des enfants, ceux qui ont refusé de laisser des familles entières être déportées et décimées ,

Oui il faut protéger les enfants et c'est ce que fait le réseau Education sans Frontières, qui se bat bec et ongles pour leur éviter l'expulsion par le même président de la république : un enfant africain serait-il moins digne à protéger qu'un enfant européen ?

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vendredi 08 fév 2008

Engagement citoyen : faites connaitre votre métier à un jeune de 3e

On entend beaucoup, relayées par la presse, des phrases à propos des jeunes de banlieue qui ne s'impliqueraient pas assez dans leurs études, seraient des délinquants ne puissance, voire des monstres dangereux à enfermer jusqu'à la fin de leurs jours.
La réalité de leur vie quotidienne est à la fois bien plus simple et tout aussi cruelle : ces jeunes, qui étaient il y a peu des enfants, sont dans des familles à revenu très bas, avec des métiers très peu attractifs, voire des petits boulots entre deux périodes de chômage, et rien n'ait fait pour leur montrer que faire des études est à leur portée, qu'il existe des métiers intéressants, valorisants et qu'il n'y a pas que le pied d'immeuble ou la star'ac dans la vie.
La meilleure opportunité c'est la semaine de stage en classe de 3e : une semaine à accompagner un adulte dans la vie quotidienne de son métier et de son entreprise, à découvrir commetn ça marche, qui fait quoi, quelles études mettent à quel type de poste.

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vendredi 01 fév 2008

Débat à l'Assemblée nationale sur le service public de l'emploi

Compte rendu intégral - Séance du jeudi 31 janvier 2008
Organisation du service public de l’emploi : Discussion du texte de la commission mixte paritaire

M. le président. L’ordre du jour appelle la discussion du texte de la commission mixte paritaire sur les dispositions restant en discussion du projet de loi relatif à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi (n°661).Téléchargement an_spe_2008.pdf
La parole est à M. Dominique Tian, rapporteur de la commission mixte paritaire.
M. Dominique Tian (UMP - Bouches du Rhône), rapporteur de la commission mixte paritaire. Monsieur le président, madame la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi, le Sénat puis l’Assemblée nationale ont examiné successivement le projet de loi avant qu’il ne soit soumis, hier, à une commission mixte paritaire, qui a trouvé un accord.
Avant d’évoquer les principales questions débattues et les choix effectués par la majorité des membres de cette commission, je voudrais rappeler les nombreuses améliorations du texte qu’avait apportées notre assemblée, après des débats fructueux au sein de la commission des affaires sociales mais aussi de la commission des affaires économiques, dont Yves Albarello a été un excellent rapporteur.
M. Jean-Frédéric Poisson. Très bien !
M. Dominique Tian(UMP - Bouches du Rhône), rapporteur de la commission mixte paritaire. Je commencerai par les maisons de l’emploi. À l’initiative de Mme Marie-Christine Dalloz, nous avions prévu que celles-ci soient représentées au sein du Conseil national de l’emploi et qu’elles rendent un avis sur la convention passée, au niveau régional, entre le préfet et le directeur régional de la nouvelle institution. À l’initiative de M. Jean-Paul Anciaux, relayée par M. Jean-Frédéric Poisson notamment, leur existence a été consacrée à travers un amendement redéfinissant leurs missions.
À l’initiative de M. Benoist Apparu, ont été adoptés plusieurs amendements relatifs à l’insertion professionnelle des étudiants, dont l’un prévoit la représentation des universités dans les conseils régionaux de l’emploi.
Pour ce qui est des missions de la nouvelle institution, plusieurs ajustements du texte, à l’initiative en particulier du groupe socialiste et du Nouveau Centre par la voix de M. Vercamer, ont mis l’accent sur les modalités de la sécurisation des parcours professionnels, des parcours d’insertion et la nécessité d’un suivi du ratio de demandeurs d’emploi par conseiller.
Afin de rassurer les partenaires sociaux et de garantir l'indépendance financière de l'UNEDIC, il a été spécifié d'une part que les fonds collectés pour son compte par les URSAAF devraient lui remonter quotidiennement, d'autre part que la gestion de l'AGS, l’association pour la garantie des salaires, serait laissée à l'UNEDIC, alors que le projet initial la transférait à la nouvelle institution.
S'agissant des personnels, de nombreuses garanties complémentaires ont été apportées.
Le texte a été aménagé afin de préserver les instances spécifiques de représentation, telles que des commissions administratives paritaires, pour les ex-agents de l’ANPE qui conserveraient le statut public.
Les agents non statutaires de l’ANPE ont également été pris en compte. Eux aussi bénéficieront du droit d'option pour le futur statut commun.
Nous avons également posé le principe d'une négociation sur le reclassement des ex-salariés ASSEDIC jusqu’alors chargés du recouvrement des cotisations et nous avons prévu que la future convention collective définissant le statut commun garantira les avantages individuels acquis de ces ex-salariés.
À l'initiative de notre collègue Yves Albarello, nous avons renvoyé à la négociation collective, dans le cadre du futur accord de méthode, la fixation de la date butoir pour la négociation de la convention collective fixant le statut commun.
Par ailleurs, à la demande de Pierre Méhaignerie, l'Assemblée a décidé de prolonger jusqu'en décembre 2008 l'expérimentation du contrat de transition professionnelle, afin d'assurer la continuité avec les mesures qui seront inscrites dans la future convention d'assurance chômage au moment où celle-ci entrera en vigueur.
Elle a supprimé à l'unanimité la disposition par laquelle le Sénat excluait du bénéfice de l'assurance chômage les salariés ayant abandonné leur poste sans motif légitime. Cette question a en effet été traitée par les partenaires sociaux dans le cadre de l'accord national interprofessionnel qu'ils ont signé le 11 janvier et son éventuelle traduction législative figurera donc plus logiquement dans la loi qui transposera cet accord.
Afin de lutter contre les fraudes à l'assurance chômage, nous avons prévu que les organisateurs de ces fraudes seront passibles des mêmes peines que ceux qui en bénéficient.
Enfin, bien qu'aucun amendement n'ait concrétisé ces débats, des échanges à la fois passionnés et argumentés ont eu lieu à l’Assemblée nationale sur le rôle des régions dans la nouvelle organisation. Une forme de consensus s'était dégagée et des engagements ont été pris pour engager une expérimentation dans ce domaine.
M. Frédéric Reiss. Très bien !
M. Dominique Tian (UMP - Bouches du Rhône), rapporteur de la commission mixte paritaire. J'en viens maintenant aux conclusions de la commission mixte paritaire qui s’est réunie hier au Sénat. Avant toute chose, je tiens à souligner l'excellent état d'esprit dans laquelle elle s'est déroulée. Il est vrai que le Sénat, sous la houlette de la rapporteure de sa commission des affaires sociales, Catherine Procaccia, avait accompli un remarquable travail que, pour l'essentiel, l'Assemblée avait confirmé et complété. Restaient pourtant, c'est vrai, quelques points de divergence qui ont fait l’objet d’échanges.
Sans évoquer tous les ajustements de rédaction et de coordination que nous avons actés en commission mixte, je m'attacherai aux principaux sujets ayant donné lieu à débat.
Après la discussion particulièrement riche qui s’est tenue à l’Assemblée nationale sur ce point, la commission mixte paritaire a retenu le principe d'une expérimentation dans deux régions de la coprésidence du conseil régional de l'emploi par le préfet et le président de région.
L'Assemblée avait eu à cœur de consacrer pleinement la place des maisons de l'emploi dans la nouvelle organisation. Ce faisant, elle avait notamment prévu qu’elles donnent leur avis sur la convention passée au niveau régional entre le préfet et le directeur régional de la nouvelle institution. Plusieurs de ses membres s’étant inquiétés de la lourdeur d’une telle procédure, la commission mixte paritaire a finalement supprimé cet avis. Elle a en revanche confirmé le choix fait à l'Assemblée de ne pas fixer dans la loi de date butoir pour la négociation de la nouvelle convention collective et de renvoyer aux partenaires sociaux le soin de déterminer cette date dans le cadre de l'accord de méthode qu'ils devront passer pour organiser cette négociation.
De même, la commission mixte paritaire a confirmé la suppression de l'article additionnel qui visait à écarter du bénéfice de l'assurance chômage les salariés ayant abandonné leur poste sans motif légitime. Cet amendement avait été voté à l’unanimité par l’Assemblée nationale.
Mes chers collègues, au moment de vous inviter à adopter les conclusions de la commission mixte paritaire, je tiens à remercier tous ceux qui ont animé nos débats, ainsi que Mme la ministre dont l’esprit d'ouverture aux propositions des parlementaires nous a permis d’enrichir ce projet de loi. Nous avons en particulier considérablement renforcé les garanties données aux agents de l’ANPE et des ASSEDIC. En effet, cette grande réforme ne pourra porter tous ses fruits que s'ils y adhèrent pleinement. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.)
Discussion générale
M. le président. Dans la discussion générale, la parole est à Mme Monique Iborra, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). Madame la ministre, nous voici donc à la dernière étape de l’examen de votre projet de loi relatif à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi.
La commission mixte paritaire n’ayant rien changé sur le fond, vous ne serez pas étonnée que nous restions sur nos positions…
Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie, des finances et de l’emploi. J’espérais ! (Sourires.)
Mme Monique Iborra(PS - Haute Garonne). Non qu’elles soient dictées par un rejet de principe : nous sommes très favorables à la simplification par rapport à ce qui existe aujourd’hui et donc au guichet unique (« Ah ! » sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire)…
M. Philippe Meunier. Bravo ! Il ne faut jamais désespérer !
Mme Monique Iborra(PS - Haute Garonne). Reste que votre projet nous paraît mauvais et dangereux à plusieurs égards.
M. Philippe Meunier. Ben voyons !
M. Jean-Frédéric Poisson. Ce sera pour la prochaine fois !
M. Charles de la Verpillière. Vous allez donc voter contre !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). Il est mauvais car, nous l’avons déjà dit, bâclé et éloigné des réalités du terrain, il sera privé de toute efficacité réelle sur le fond.
M. Charles de la Verpillière. Ce sont des mots !
Mme Monique Iborra(PS - Haute Garonne). Votre projet est mauvais parce que nous sommes persuadés que vous ratez une extraordinaire occasion de mettre en place un véritable service public de l’emploi ambitieux et réaliste, équilibré entre droits et devoirs des demandeurs d’emploi, et rassemblant largement sur des objectifs d’intérêt général.
M. Charles de la Verpillière. Que ne l’avez-vous fait !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne) . C’est d’abord une machine à radier que vous mettez en place, dont le premier objectif reste la baisse statistique du taux de chômage et qui aggravera la précarité.
M. Charles de la Verpillière. Mais non !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). Votre projet est mauvais parce que vous vous obstinez à écarter les régions…
M. Philippe Meunier. C’est nouveau ! Vous en avez pris conscience depuis 2004 ?
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). …qui sont en charge du développement économique et de la formation professionnelle, au point de ne pas même envisager une convention entre l’État et les conseils régionaux, ce qui prouve bien que la formation et la qualification des demandeurs d’emploi passent au second plan dans votre projet. Peut-être ignorez-vous que depuis 2005 les régions sont devenues les premiers financeurs des demandeurs d’emploi…
M. Philippe Meunier. C’est un hasard !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). …devant l’État – 29 % – et les ASSEDIC – 9 %.
Et ce n’est pas l’amendement que vous avez consenti à accepter du bout des lèvres, devant l’insistance d’une partie de vos troupes…
M. Jean-Frédéric Poisson. C’est gonflé !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). …qui, elles, connaissent la réalité du terrain, qui suffira à nous convaincre de votre bonne foi. Les régions ne demandent pas l’aumône, elles ont des compétences reconnues par la loi.
Ce n’est pas un hasard si une étude récente au cours de laquelle 4 000 personnes ont été interrogées, étude qui n’a d’ailleurs pas été commanditée par les régions…
M. Jean-Frédéric Poisson. Elles l’ont payée ; c’est pareil !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). …montre que les Français font aujourd’hui plus confiance aux régions qu’à l’État en matière de formation professionnelle.
Votre position, madame la ministre, est partiale…
M. Philippe Meunier. Pas la vôtre, peut-être !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). …et dictée uniquement par le fait que les régions sont aujourd’hui dirigées par la gauche, à l’exception de deux d’entre elles.
Votre projet est dangereux…
M. Jean-Frédéric Poisson. Tant de modération dans vos propos me laisse pantois !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). …parce que, nous l’avons vu durant le débat, vous avez repoussé tous les amendements que nous avions déposés et qui étaient cohérents avec les accords signés dans le cadre du marché du travail et qui, tout en ne niant pas la flexibilité nécessaire, visaient à renforcer la sécurité des demandeurs d’emploi. Voilà qui laisse présager encore une fois que, malgré les déclarations, la réalité sera tout autre !
Vous avez supprimé volontairement l’instance de recours que pouvait avoir un demandeur d’emploi victime d’une radiation ou d’une suspension abusive – cela existe.
M. Jean-Frédéric Poisson. Où est-ce écrit dans le texte ?
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). C’est un déni de démocratie, mais il est vrai que vous n’en êtes pas à cela près. (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)
Votre projet enfin est dangereux parce qu’il reste flou et inachevé : vous ne cherchez en réalité qu’à obtenir un chèque en blanc du Parlement.
Ainsi que nous l’avons constaté hier en commission mixte paritaire, nombre de députés de votre majorité partagent une partie de nos inquiétudes, en particulier en ce qui concerne la déclinaison régionale et locale des dispositions de votre projet. Mais vous persistez et vous signez, loin des réalités, parce que votre appréciation est d’abord technocratique et, je le confirme, idéologique. (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)
M. Jean-Frédéric Poisson. Parole d’expert !
Mme Monique Iborra. Sachez que les élus seront très attentifs à l’application de ce texte, laquelle ne pourra se faire sans eux, quoi que vous en dites.
Madame la ministre, nous voterons contre votre projet parce qu’il est mauvais, dangereux, imprécis, qu’il cache vos véritables intentions…
M. Jean-Frédéric Poisson. Enfin la thèse du complot !
Mme Monique Iborra (PS - Haute Garonne). …et que l’organisation que vous allez mettre en place est encore plus complexe que la précédente que vous dites simplifiée. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)
M. Jean-Frédéric Poisson. Étonnant !
M. Philippe Meunier. Ce n’est pas surprenant !

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Transports en Ile-de-France : le conseil régional modernise les trains de grande banlieue

Une première en Île-de-France et même dans le monde : le 2 février, la toute première rame pouvant passer du mode diesel à l’électrique entre en gare.
« Bibi », le premier train bimode et bitension du monde est mis en service ce 2 février sur la ligne Transilien Paris-Provins.
Signé Bombardier, cet autorail à grande capacité (AGC) hybride est en effet le premier train capable de rouler non seulement en mode diesel et en mode électrique, mais aussi sous différentes tensions. Au rythme d’un ou deux par mois, ce sont ensuite 18 autres trains du même type qui le rejoindront sur cette ligne de l’est francilien. De sorte qu’à la fin 2008, tous les trains qui la desservent– dont certains vieux de plus de 40 ans – auront été remplacés.
753b61a538 Alors que le trajet de 95 km a longtemps été assuré entièrement en mode diesel, l’AGC roulera en mode électrique entre Paris et Gretz-Armainvilliers (40 % de la ligne) et sera propulsé par des moteurs thermiques (conformes aux normes anti-pollution les plus sévères) entre Gretz-Armainvilliers et Provins (60 %).
Le premier bénéfice est environnemental : les émissions polluantes sont supprimées entre Paris et Gretz-Armainvilliers, et considérablement réduites entre Gretz-Armainvilliers et Provins (- 78 % de monoxyde de carbone, - 70 % d’hydrocarbures imbrûlés, - 54 % d’oxydes d’azote et - 32 % de gaz carbonique).
Au-delà, les usagers profiteront d’un train plus fiable, plus ponctuel (des pointes à 160 km/h sont possibles pour rattraper d’éventuels retards), plus lumineux, moins bruyant et plus accessible.
Les rames « Bibi » sont financées à 35 % par le Stif et à 65 % par Transilien SNCF. Elles font partie d’une commande de 24 exemplaires passée en 2006 pour 136 millions d’euros.
En plus des 19 rames destinées à Paris-Provins, 5 doivent améliorer la desserte entre Paris, Meaux et La Ferté-Milon à partir de fin 2009.

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