L’avenir de la Formation professionnelle en France : intervention de la sénatrice socialiste du Rhône
Intervention de Mme Christiane DEMONTES
Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre
Chers collègues,
Quelques jours après avoir débattu d’un texte sur la fusion entre l’ANPE et les ASSEDICS quelques jours après que les partenaires sociaux aient conclu de difficiles négociations sur la modernisation du marché du travail et des contrats de travail, quelques jours après que le gouvernement ait effectué une déclaration au sujet du Grenelle de l’insertion et que le Président de la République ait annoncé l’examen d’un prochain texte portant sur la formation professionnelle enfin, quelques mois après la remise du rapport de la mission d’information commune sur les dispositifs de ce secteur que présidait notre collègue Jean-Claude CARLE, nous débattons de cette question essentielle qu’est l’avenir de la formation professionnelle.
Ceci est heureux et indispensable. Certes nous aurions préféré que ces débats et projets législatifs multiples, parfois inscrits dans l’urgence alors que rien ne le justifie réellement, soient plus et mieux associés. De la sorte, l’action gouvernementale aurait certainement gagné en cohésion et les multiples acteurs institutionnels, associatifs… en lisibilité.
« Savoir pour prévoir, afin de pouvoir » disait Auguste COMTE. La mise en perspective de la formation au savoir, en l’occurrence professionnelle, est donc d’importance.
Il n’est que de considérer que chaque année, 20% d’une génération, soit plus de 150 000 personnes quittent le système scolaire sans qualification suffisante pour intégrer dans de bonnes conditions la vie active pour s’en persuader. Les jeunes sont inégaux devant cette situation qui frappe particulièrement ceux qui vivent dans les quartiers populaires et connaissent un taux de chômage voisin de 40%, soit quatre à cinq fois celui de la moyenne nationale.
Dans une société de la connaissance, où les technologies évoluent très rapidement et conditionnent l’exercice professionnel, l’accès au savoir et à la compétence est une donnée essentielle. Débattre de la formation professionnelle renvoie ainsi à deux dimensions :
La première collective liée à notre actualité et à notre avenir économique et social et la seconde individuelle, qui conditionne la possibilité pour chacun de progresser, de s’accomplir, de trouver sa place dans la société et de contribuer à son amélioration. Ces deux dimensions sont liées et influent de manière importante sur notre pacte social et sur notre pacte républicain. Débattre de la formation professionnelle renvoie aussi aux enjeux financiers que représentent les 30 milliards annuels qui y sont consacrés, mais aussi à ceux inhérents à une responsabilité que partagent état, régions, départements et partenaires sociaux.
J’ai participé aux travaux de la mission d’information commune sur les dispositifs de formation professionnelle que présidait notre collègue CARLE. Parce que ce rapport dresse un état des lieux exhaustif et émet un certain nombre de propositions, j’en reprendrai donc certains éléments.
Téléchargement senat_rapport_carle.pdf Téléchargement senat_rapport_carle_annexes.pdf
Notre système de formation professionnelle est composé d’une multitude de dispositifs. Il couvre un large spectre allant de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire à la formation continue des salariés, en passant par l’apprentissage, la formation des demandeurs d’emploi ou la validation des acquis de l’expérience. Il est à la fois complexe et cloisonné.
Au-delà de cet inventaire global, force est de constater
- Que permettre à l’éducation Nationale de qualifier tous les élèves est un préalable.
- Que la formation ne va pas à ceux qui en ont le plus besoin (plus on sort diplômé de la formation initiale, plus on utilise la formation continue),
- Que la formation est considérée par les financeurs (particulièrement les entreprises) comme une dépense et non comme un investissement,
- Que la question de la gouvernance et du pilotage est essentielle.




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